Publié par : Sibylline | mars 20, 2015

Grande marée et gros business (côte Atlantique, Mimizan-plage)

ZAC-page-accueil-siteVendredi 20 Mars 2015. Une grande marée va avoir lieu ce 21 Mars. L’érosion du littoral risque de s’accentuer. A ce sujet, il est bon d’ informer sur la réalité du terrain.

Suite à la tempête Xynthia et ses conséquences, le gouvernement de l’époque a pris des mesures pour la protection des personnes et des biens en bordure du littoral par la mise en place des PPRL (Plan de Prévention des Risques Littoraux). En théorie, ces mesures s’appliquent à tout le littoral français, mais il est des villes totalement réfractaires et n’hésitant pas à mettre la vie des gens en danger en accordant des permis en zone inondable (en plus de la violation de la loi littorale) à des promoteurs qui bétonnent au bord de l’eau. C’est le cas de Mimizan-plage, dans les Landes. Le mécanisme de non application des mesures est généralisé pour les mêmes causes. Il n’y a qu’en Charente Maritime où la Préfète Béatrice Abollivier a décidé d’appliquer les mesures, contre l’avis des élus.

La pression immobilière est telle dans les départements côtiers, que les affaires en bordure de mer, avec la demande toujours plus forte des vacanciers, sont de véritables mannes pour les promoteurs et entrepreneurs. Ainsi à Mimizan, des centres thalassothérapie, des résidences, des villas, des modifications de maisons anciennes allant jusqu’à la transformation complète se font régulièrement dans la zone des 100 mètres inconstructibles de la loi littoral. Comment est-ce possible ? C’est simple : ils transforment ou construisent sans permis. La municipalité (droite) ou la communauté de communes (gauche) ferment les yeux car elles aussi ont leur part de gâteau, récupérant des terrains pour une somme modique (cabanes des pêcheurs) pour ensuite les revendre à des prix défiant toute concurrence toujours au même promoteur qui dépose un permis de construire qui sera ensuite morcelé puis modifié de telle manière que le commun des mortels n’y puisse s’y retrouver.

Après la tempête Xynthia, une procédure a été établie (Guide mise en place PPRL) avant parution de l’arrêté préfectoral. La BRGM a publié un rapport, Caractérisation de l’aléa submersion marine dans le cadre des Plans de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) en Aquitaine

La DDTM  (fichier : DI_Mimizan) a émis des recommandations visant à geler toutes modifications ou constructions dans le secteur du Courant de Mimizan. Cette recommandation est, je pense,  à l’origine du PPRL. Rien n’ a été fait, les pécheurs ont été expropriés de leurs cabanes de pêche pour faire apparaître des bâtiments en zone protégée.

Vient alors ces fameux arrêtés préfectoraux qui imposent la mise en place des PPRL dans ces zones côtières (cf. Arrêté MIMIZAN), mais le Préfet des Landes à pris des mêmes arrêtés pour Capbreton et Soustons-Vieux-Boucau.

Cela n’empêche pas les élus locaux et communautaires de continuer leur business. Avec les services de l’Etat, ils collaborent dans le sens de l’arrêté, mais avec le public et les associations locales, rien à faire. Pas de registre de consignation des observations mis à disposition du public, pourtant imposé par l’arrêté préfectoral et comme l’inscription est nécessaire pour être reçu par les services de la DTTM, ils sont tranquilles dans leur bouillabaisse locale. Pour être en règle, à chaque acquérant ou bâtisseur, les services municipaux remettent un plan de zonage des PPRL correspondant à celui du CEL (Centre d’Essai Littoral – Zone militaire côtière entre Mimizan et Biscarrosse). Les nouveaux propriétaires et surtout le promoteur de la manche des élus n’a aucune contrainte, il peut même construire à fleur du trait de côte.

Les élus locaux attendent tout simplement, la fin de validité des trois années de l’arrêté préfectoral, et le tour sera joué, pas d’application locale, les combines vont pouvoir perdurer.

Un courrier au Préfet le mettant en face des ses responsabilités a été envoyé, pas de réponse, tout le monde fait le mort. Seule initiative, les arrêtés qui pleuvent de toute part lors d’annonce de grandes marées comme actuellement, qui interdisent l’accès aux plages. Eh oui, les services de l’ETAT et les élus locaux, du fait de la non application de l’arrêté préfectoral, sont responsables en cas d’accident …

Voilà le bref résumé de la situation des zones côtières (je généralise car vu l’opposition des élus rétais à Mme la Préfète).

Localement, l’association Sibylline se bat régulièrement contre ces faits. Un travail d’enquête a été réalisé en plus d’actions locales, d’ articles et vidéos ; elle réalise un gros travail de fond indispensable au suivi de ce type de dossier.

Quelques liens sur la situation : Littoral touché par la houle : 450 000 euros débloqués à Mimizan (Landes) auxquels s’ajoute la même somme pour la remise en forme de la dune.

Des plans du courant de Mimizan Plage par satellite des différentes années (avec ou sans cadastre) avec un fichier des ‘’anomalies d’urbanisme’’ constatées (ce fichier est difficile à mettre à jour car il s’en rajoute tous les mois) ainsi qu’un PDF (Vue générale) qui répertorie toutes les parcelles litigieuses ont été établies pour une action en justice. C’est là que le bât blesse car les frais d’avocat sont trop élevés pour une association qui ne touche pas de subventions. Celles qui le pourraient refusent d’agir. En attendant l’éventuelle générosité du public, une action est actuellement en préparation, qui conduira à l’obligation d’une enquête.

En attendant, vous pouvez agir à plusieurs niveaux :

  • ne pas acheter de biens en zone inondable (quoique vous disent les promoteurs pour qui vos vies passent après des considérations financières, les leurs)
  • aider financièrement l’association (cf. colonne de droite pour faire un don)
  • dénoncer ce que vous voyez. Plus les citoyens se mobiliseront, moins ce genre de magouilles ne pourra avoir lieu. N’oubliez pas qu’ensuite, les indemnisations et les travaux de protection des biens sont à la charge du contribuable, à votre charge.

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