Publié par : Sibylline | avril 12, 2019

Grande America : où est passée la marée noire ? (Golfe de Gascogne)

Le Grande America a coulé mardi, libérant 2 200 tonnes de fioul. | © Loïc Bernardin / Marine Nationale / AFP

11 Avril 2019. On nous avait promis le pire. Les plages de Gironde et Charente-Maritime étaient en alerte, prêtes à voir s’échouer des boulettes de pétrole, quelques jours après le naufrage du cargo italien Grande America, mardi 12 mars. Près d’un mois plus tard, que reste-t-il de la marée noire et du dispositif de lutte antipollution déclenché ?

C’est au large des côtes atlantiques françaises que le Grande America a coulé par 4 600 mètres de fond dans le golfe de Gascogne, après qu’un incendie s’est déclaré. À son bord : 2 200 tonnes de fioul lourd, 2 100 véhicules et près de 1 050 tonnes de matières dangereuses.

Pour éviter que le pétrole n’atteigne le littoral, les autorités maritimes ont alors mis en place des missions antipollution, en se concentrant sur deux zones.

Le «front avant», d’abord, où la pollution s’est déployée au moment du naufrage. Une dizaine de navires de lutte antipollution ont été envoyés afin d’aspirer une partie de la nappe de pétrole, malgré des conditions météorologiques peu favorables. Plusieurs dizaines de tonnes de fioul lourd et des centaines de tonnes d’eau polluée ont ainsi été acheminées au port de La Rochelle pour être traitées.

Au fil des jours, la pollution sur cette zone s’est dispersée en mer, et la nappe s’est transformée en petits amas de fioul morcelés.

Profitant d’une bonne visibilité, les drones et satellites déployés ont pu constater qu’il n’y avait aucune pollution significative dans le «front avant». La pollution est toujours présente, mais n’est plus détectée en surface, ce qui l’empêche d’être traitée par le dispositif de nettoyage. La préfecture maritime a donc pris la décision, mardi 2 avril, de ne laisser qu’un seul navire antipollution sur la zone verticale à l’épave, celle où la pollution est encore visible. D’après les équipes présentes sur place, seule une «irisation de faible intensité» est observable à la surface.

Afin d’inspecter la zone de naufrage, le navire Island-Pride, doté d’un robot sous-marin téléguidé, a été affrété par l’armateur italien Grimaldi, samedi 30 mars. La compagnie maritime devra élaborer un plan d’action pour réduire l’impact environnemental de ce naufrage sur le long terme. Car si les plages du littoral français ont finalement été épargnées, la totalité du polluant émis par le cargo n’a pas pu être récupérée.

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