Publié par : Sibylline | octobre 24, 2018

Mégots de cigarettes : bras de fer Etat/fabricants

Tavallai/Flickr/CC

24 Octobre 2018. Parmi les nombreuses pollutions du quotidien auxquelles nous sommes confrontés, les mégots de cigarettes figurent en bonne place. Généralement jetés négligemment sur le trottoir, ils tapissent les sols de nos villes. Quant à ceux qui pensent faire une bonne action en les jetant dans les égouts, ils ont tout faux : les cigarettes usagées finiront tôt ou tard dans une rivière, un fleuve, ou l’océan (Ndlr sibylline : 7 mégots sur 10 finissent dans l’océan !), où chacune d’entre elles polluera jusqu’à 500 litres d’eau. La faute aux substances toxiques contenues dans les mégots (goudron, nicotine, ammoniac, plomb, cyanides ou arsenic, etc…)

Pourtant, des solutions simples existent, pour s’affranchir de cette pollution. La première d’entre elle s’appelle le civisme et consiste à déposer son mégot dans le cendrier le plus proche ou dans une poubelle. L’autre solution, qui est encore peu développée, mais qui a pourtant fait ses preuves, c’est d’orienter les restes de cigarettes vers une filière de recyclage propre. En Bretagne, une usine s’est spécialisée dans ce processus : elle récupère l’acétate de cellulose qui compose 90% des mégots, substance avec laquelle l’entreprise MéGo fabrique du plastique, qui repart dans le circuit de consommation. Sauf que cela ne concerne finalement qu’une infime partie du gisement de déchets potentiel en France.

Le gouvernement semble en avoir conscience, puisqu’il réfléchit à faire payer l’industrie du tabac pour qu’elle participe à la gestion des mégots, et la presse annonce la création prochaine d’un éco-organisme dédié à ce problème. Devant la crainte des industriels, Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique ayant survécu au remaniement, s’est empressée d’annoncer qu’il n’y aurait pas de « taxe mégots » pour eux, qui viendrait fatalement se répercuter sur le prix du paquet de cigarettes, et donc sur les consommateurs. Mais elle leur a demandé de s’engager « fermement et concrètement » pour le traitement des mégots. De leur côté, les cigarettiers imaginaient plutôt un message d’avertissement supplémentaire sur les paquets, de type « Jeter son mégot pollue ».

Les positions des deux partis semblent encore bien éloignées, et pendant ce temps, c’est bien la planète qui trinque

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