Publié par : Sibylline | août 27, 2018

Dauphin Zafar. Un avocat s’oppose à l’interdiction, le maire répond (Finistère)

27 Août 2018. Un avocat au barreau de Quimper, habitué à plonger avec Zafar, le grand dauphin solitaire arrivé ce printemps en rade de Brest, s’oppose à l’arrêté de police du maire de Landévennec interdisant tout contact avec l’animal solitaire. Le maire lui répond qu’il faut être accrédité pour nager au côté d’un animal protégé !

Un avocat du barreau de Quimper s’oppose à l’arrêté du maire de Landévennec interdisant le contact avec le dauphin Zafar. L’avocat a l’habitude de venir nager avec le grand dauphin solitaire. Il déplore l’esprit et le contenu de cet arrêté et compte s’y opposer sur le plan juridique.

L’arrêté municipal interdit toute approche en embarcation et la baignade au côté du grand dauphin solitaire qui tourne cet été entre Landévennec, Logonna et Plougastel-Daoulas.

« Je déposerai un recours devant le tribunal administratif de Rennes », résume l’avocat, spécialiste en droit de l’environnement. « Cet animal n’est pas dangereux. Il n’y a d’ailleurs jamais eu d’accidents répertoriés en milieu naturel entre un dauphin et un humain. Il faut juste ne pas faire n’importe quoi en sa présence et ne pas se baigner à ses côtés si l’on est un mauvais nageur ».

Les chiens et les oursins aussi ?

Alors que les témoignages de baigneurs s’étant retrouvés face à ce dauphin les empêchant de rejoindre le rivage se multiplient, l’avocat défenseur de la faune sauvage fustige l’arrêté du maire de Landévennec, Roger Lars.

« Faut-il rédiger un arrêté pour les chiens autrement plus imprévisibles que les dauphins solitaires ? Faut-il faire de même pour les huîtres, les méduses, les oursins… ? ».

Faut-il vouloir tout contrôler, tout encadrer ? « Le maire cherche, par cet arrêté, à dégager sa responsabilité au risque de créer la psychose, alors qu’une simple information devant le port où se trouve ce dauphin suffirait », estime l’avocat, par le passé vice-président de France Nature Environnement. « Le maire de Landévennec se trompe d’instrument ! ».

« Cette décision participe à la diabolisation d’un animal sauvage qui cherche simplement le contact avec les humains ».

39 euros l’amende

« Le cadre de cet arrêté est trop général, il est disproportionné et excessif. Je m’oppose à cet arrêté à titre personnel. Cela ne me dérangerait d’ailleurs pas d’être le premier à être verbalisé à la sortie d’une plongée avec le dauphin. J’irai ainsi au bout de ma démarche ».

« On pourra toujours contester l’amende de 39 euros. Pas si élevée que cela par rapport au bonheur infini d’évoluer auprès d’un tel animal », termine-t-il (cf. Ndlr Sibylline en fin d’article).

Le maire : « Je n’ai pas pondu cet arrêté tout seul »

De son côté, le maire de Landévennec, Roger Lars, explique qu’avant de prendre cet arrêté, il a pris contact avec Océanopolis « Je n’ai pas pondu cet arrêté tout seul ».

Encouragé par la préfecture

« J’avais commencé par informer les usagers de Port-Maria des mesures de prudence mais les gendarmes m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas agir sans arrêté », poursuit le maire. Ils sont venus dire aux baigneurs de sortir de l’eau sans dresser de procès-verbal à ce jour.

« Je me suis également appuyé sur un courrier du préfet de juillet 2006, encourageant les maires à produire des interdictions, afin de faire cesser les interactions et le conditionnement au jeu pouvant renforcer les risques avec ces animaux puissants et imprévisibles ».

« Depuis que deux baigneuses ont été propulsées en l’air par le dauphin, les habitants du petit port de Landévennec ont peur de se baigner », assure Roger Lars.

Les professionnels qui travaillent sur les parcs regardent aussi de près le comportement de ce dauphin, reparti ce week-end vers la baie de Lauberlach, à Plougastel-Daoulas.

Le maire rappelle le besoin d’être accrédité

« Je veux bien qu’un juriste attaque cet arrêté », continue le maire de Landévennec, mais sait-il, lui qui nage régulièrement avec ce dauphin, qu’il faut être accrédité par le ministère de l’Environnement pour évoluer auprès d’un animal sauvage multiprotégé ?

Faut-il développer le jeu et les interactions avec un animal sauvage évoluant dans son milieu ? Dans quel but ? Dans quelle logique ? Le maire de Landévennec se dit prêt à défendre son arrêté d’interdiction de baignade auprès de ce grand dauphin plus vraiment solitaire en rade de Brest.

***

Ndlr Sibylline : nous félicitons ce maire qui a évidemment pris la bonne décision. Un animal sauvage n’est pas une mascotte, un objet avec lequel on interagit selon ses envies. LES DAUPHINS N’ONT PAS BESOIN DE CALINS ! Par contre, les opposants à l’arrêté ?

Un grand dauphin adulte pèse dans les 200 kg et comme tout animal sauvage, il est susceptible de transmettre des pathogènes. L’inverse est aussi vrai (on parle de zoonoses).

Le public agit de manière irresponsable et mortifère à l’égard de la faune sauvage. Sous prétexte de « selfies », d’auto-valorisation égocentrique, l’humain a perdu l’essence même de ce qui le lie à son environnement. Les centres de captivité (delphinariums, zoos – fixes ou ambulants -, cirques) ont galvaudé le message erroné qu’il était normal pour l’humain de mettre la Nature sous cloche, de l’exploiter pour son divertissement.

L’imprégnation (résultat des interactions avec les bipèdes que nous sommes) est donc à proscrire, surtout dans l’intérêt de l’animal !

Une suggestion : si l’avocat en droit de l’environnement a du temps à offrir, nous lui suggérons de traiter quelques dossiers de bétonnage à Mimizan-plage, en aide juridictionnelle, cela s’entend !

Promoteurs vs camping-cars : 10-0 ! (Mimizan-plage, no man’s Landes) (lien)

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MAJ : Landévennec. Le dauphin Zafar qui se frottait aux nageurs a quitté Port-Maria (lien)

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