Publié par : Sibylline | juin 27, 2018

Promoteurs vs camping-cars : 10-0 ! (Mimizan-plage, no man’s Landes)

Un temps que les moins de 2 ans ne peuvent pas connaître…

27 Juin 2018. Il y a quelques mois, nous vous avions parlé d’un article sur le feuilleton « Promoteurs versus camping-cars ». Le voici, nouvelle info oblige.

Au cours du dernier conseil municipal, le 21 Juin 2018 (point 14 de l’ordre du jour (lien)), a été votée la vente de la parcelle T002 (héliport) au groupe Mirco immobilier dont le propriétaire est Mr Miranda. Peut-on y voir certaines relations d’intérêt, directes ou indirectes, avec la mairie ? L’avenir judiciaire nous le dira.

S’agirait-il de ce projet ?

26 appartements sont donc prévus dans une zone dont le niveau NGF est interdit à celui autorisé pour les constructions, dixit la préfecture en 2015 :-)…

L’annonce présente le bien rue du Vieux marché, plage nord.

Cependant, dans le même temps, la publicité indique :

Offrez-vous un vent de fraîcheur et de dépaysement avec vue sur l’océan, la dune, et la forêt.

Celles et ceux qui connaissent Mimizan-plage savent que l’on ne voit ni la dune ni la forêt depuis la rue du Vieux marché, à moins de faire une tour à 10 étages… peut-être ?

  • Emplacement sublime à 50 mètres des plages (l’érosion du littoral serait-elle une vision d’esprits déjantés ??? Ouiiiiiiiiii, vous répondrait un grand expert du GIEC qui a participé à la dernière enquête publique et qui, depuis, prend le l’art pour du cochon !).
  • Situation du Bien : Mimizan-Plage (40200), Rue du Vieux Marché à 350 mètres de l’océan, à 1 heure de l’Aéroport de Bordeaux et 30 minutes de la gare la plus proche.

Les appartements sont déjà en pré-vente sur un site d’agence, avec une localisation différente de la rue du Vieux marché, en pied de dune plage nord et en miroir de l’héliport, plage sud.

En page d’accueil

S’il ne s’agit de ce projet, ce sera son jumeau… ou son jumeau sumo, la parcelle T111 (parkings camping-cars, voitures) ayant également été vendue à Mirco immobilier).

N’est-ce pas oublier les directives du préfet (déjà mentionnées ici (lien))

  • le préfet indique « que les parcelles soient en zone d’aléa faible, moyen ou fort, aucune construction ne sera autorisée ».

Le prix de vente est de 142 849 euros (les enchères sont montées depuis le dernier promoteur) pour 1210 m² quand la parcelle voisine est vendue à 475 000 euros (source) pour 1651 m² (et autant de bâti en hangar avec des appartements plus nombreux sur la T002, s’y ajoute une servitude pour les eaux pluviales le long de la ligne mitoyenne, soit une bande de 20 mètres « inexploitable » pour la 110). Le hic est que cette parcelle a initialement été cédée par l’Etat à un prix défiant toute concurrence et fait l’objet d’une DUP (déclaration d’utilité public). Cette DUP va-t-elle demeurer ? A votre avis ? Quid de la législation dans ce cas de figure sachant que l’Etat est lésé par la plus value opérée ?

Autre chose : nous sommes probablement victimes d’un effet d’optique, à trop regarder la surface de l’océan. D’un autre côté, quand un promoteur confond 50 mètres et 350 mètres… Comme précédemment indiqué, la superficie de la T002 serait de 1210 m² tandis que sa voisine (la 110) serait de 1651 m². La première serait donc inférieure à la deuxième.

Voici le plan cadastral :

Rien ne vous choque ?

Nous sommes donc allés voir dans les actes de vente originels. La parcelle T110 mesure bien 1651 m² tandis que la T002 ? Deux mille cinq cents quarante-et-un mètres carrés, soit plus du double de ce qui est annoncé ! Cette parcelle a-t-elle été divisée ou est-ce une grosse supercherie ?

Mais ce n’est pas tout… La suite au prochain épisode !

Ces promoteurs participent déjà activement à défigurer Mimizan-plage, aux Hournails : « Couleur nature », « le village de la côte d’argent », « l’Ecorce des pins », « Hournails standing », etc… (comparez leurs jolies photos avec la réalité, vous verrez, c’est beaucoup moins bucolique). Les Hournails étaient une parcelle forestière qui abritait nombre de reptiles, mammifères protégés, etc… Concernant les hérissons, ils ont fini avenue de la plage, sous les roues des voitures, suivis de leur progéniture. La sélection génétique n’est plus ce qu’elle était ! Les promoteurs ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin avec un projet au 23, avenue de l’océan (Résidence océan-forêt : lien).

Concernant l’enquête publique du mois de Septembre 2017, inhérente au déclassement de la parcelle T111 (les parkings camping-cars et voitures), vous trouverez deux participations citoyennes en supra, dont celle de Sibylline Océans. Vous pourrez également prendre connaissance de la réponse du commissaire enquêteur qui conclut que la parcelle peut passer dans le domaine privé tout en gardant cependant l’usage des places de parking voitures, qui, lui, est public. Il faudrait savoir !

 

Participation Sibylline océans

 

Que peut-on offrir de plus important que la vie ? L’ARGENT !

Rapport commissaire enquêteur parcelle

 

Et tant qu’on y est, voici ce qui concerne le Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) qui a eu lieu au même moment après 6 ans d’attente (quand le délai de prescription est de 3 ans !).

Participation Sibylline océans

 

Rapport commissaire enquêteur PPRL Mimizan

 

Vous souhaitez que ce feuilleton se finisse dans l’intérêt des citoyens. Alors il va être plus que nécessaire de soutenir ceux qui défendent vos intérêts tout en gardant en mémoire que la protection de l’environnement est à l’origine de cette défense.Chaque citoyenne/citoyen mimizanais(e) est invité(e) à exercer son droit de recours s’il se sent lésé(e) par le prix de vente de la parcelle T002. Le délai est de deux mois à partir de l’affichage en mairie.

Stop aux fossoyeurs de Mimizan

En attendant, de nouveaux commerces sont en difficulté ou ferment plage sud, dont le célèbre Barracuda. Le courage de son patron lui aura permis de rester ouvert une année supplémentaire. Mais la mairie et les promoteurs ont eu raison de sa ténacité, persévérant à ne pas organiser de manifestations plage sud ou les annulant sous de fallacieux prétextes. Et que dire du corso fleuri qui a contourné la rue des lacs pour son défilé, lors des fêtes de la mer, le 1er Mai ? Cette mesquinerie peu commune est une constante chez ceux qui nous gouvernent (ou qui croient nous gouverner).Avec le Barracuda, nous perdons une figure emblématique de Mimizan, celle du temps où il faisait bon y vivre. Bon courage à celui affectueusement appelé Patou. Que votre chemin s’éclaircisse et que vous puissiez enfin profiter de jours de vacances bien mérités, même si le cœur n’y est pas…Et que l’on ne s’étonne pas que la jeunesse ne veuille pas entreprendre, avec des exemples de personnes qui se sont tuées au boulot toute leur vie et que l’on jette aujourd’hui en pâture aux prédateurs.

Et que dire des avocats qui opèrent littéralement un racket (nous ne parlons pas de ceux qui se font rémunérer officiellement) ? Les vautours autour d’une charogne ont cette différence qu’ils respectent leur proie, en attendant qu’elle soit décédée avant de s’en nourrir.


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