Publié par : Sibylline | mai 10, 2018

Un récif au large du Brésil pourrait compromettre les projets de Total

Des activistes de Greenpeace manifestent contre l’exploitation de pétrole sur le récif amazonien par la compagnie Total, ici à Rio le 28 septembre 2017.

10 Mai 2018 (François Cardona, Mauro Pimentel). Des scientifiques brésiliens disent avoir découvert au large de l’embouchure de l’Amazone un récif en profondeur à l’écosystème très intéressant. Mais le gouvernement brésilien a vendu à Total le droit de creuser dans la zone pour y trouver du pétrole. L’entreprise française conteste l’existence du récif, puisque si celle-ci est confirmée, cela pourrait l’empêcher de mener à bien ses projets de recherche d’hydrocarbures.

Cette découverte empoisonne les affaires du Groupe Total au Brésil – et peut-être même en Guyane française. La multinationale a finalement répondu aux accusations de Greenpeace par une dénégation.

Total dément la présence du fragile récif dans la zone de forage d’un puits d’exploration. L’ONG avait envoyé une équipe scientifique à bord d’un bateau et affirmé mi-avril avoir découvert dans l’embouchure de l’Amazone « la présence d’une formation récifale composée de rhodolithes (Ndlr Sibylline : minéral du groupe des grenats) à l’endroit même où Total envisage de forer des puits d’exploration pétrolière ».

Dans son communiqué, Total répond « qu’aucune formation biogénique n’a été identifiée dans le bloc » d’exploration. L’enjeu est énorme pour l’entreprise pétrolière qui a investi une fortune dans la recherche et le développement de projets de forage au large de l’embouchure de l’Amazonie, dont le sous-sol marin regorgerait de pétrole.

Un récif unique au monde

Il y a deux ans, dans l’embouchure de l’Amazonie, les experts de Greenpeace, à l’aide d’un sonar et d’un robot téléguidé, ont pu observer pour la première fois ce récif unique au monde. Ils en ont obtenu des images inédites : des coraux, des éponges, des rhodolites (Ndlr Sibylline : « rhodophytes » (algues rouges), plutôt ?) et des poissons rares par milliers.

Une marée noire ou une simple fuite de pétrole seraient catastrophiques pour la faune et la flore de ce récif, dénonce Greenpeace, qui a lancé une campagne de sensibilisation mondiale. Les communautés côtières, dont les ressources dépendent de la mer, seraient touchées de plein fouet. Face au scandale, l’agence environnementale brésilienne a finalement rejeté l’été dernier une étude d’impact environnemental de Total et menacé de mettre fin au processus.

Le récif pourrait aller jusqu’au niveau de la Guyane française

C’est ce que veut prouver Greenpeace, qui s’attaque aujourd’hui aux investissements de Total en Guyane française. La multinationale pétrolière, en mars 2018, a signé un accord de 30 millions d’euros pour l’exploration de ressources sous-marine dans la région.

Les experts l’assurent, l’existence de pétrole en mer profonde au large des côtes guyanaises est incontestable. Total est la seule entreprise titulaire d’un permis de recherches d’hydrocarbures, dit « Guyane maritime », au large du territoire français d’outre-mer. Alors Greenpeace a lancé une exploration en bateau, au large de la Guyane française.

Le récif, s’il s’étend réellement au large de la Guyane, comme le soupçonne l’ONG, pourrait gravement mettre en danger les opérations de Total.

Des éponges et des rhodophytes du récif de l’Amazone. © Greenpeace

Ndlr Sibylline : complément d’informations

Réf. : Rodrigo L. Moura, Gilberto M. Amado-Filho, Fernando C. Moraes et Poliana S. Brasileiro, An extensive reef system at the Amazon River mouthScience Advances, vol. 2, no 4,‎1er avril 2016, e1501252  DOI: 10.1126/sciadv.1501252

Récif géant de l’Amazone : après la découverte du corail, les premières images ! (lien)

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