Publié par : Sibylline | avril 26, 2018

Baleine noire : une biologiste remet en question la stratégie d’Ottawa (Canada)

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26 Avril 2018 (Jean-Marc Doiron). Une spécialiste de l’écologie des mammifères marins remet en question le plan d’Ottawa pour protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord. Elle craint que la fermeture statique d’une zone de pêche de 14 000 km2, le 28 avril, n’ait pas l’effet désiré.

Lyne Morissette travaille depuis le début de sa carrière dans la conservation d’espèces marines. Membre de l’organisme North Atlantic Right Whale Consortium, la chercheuse scientifique et spécialiste de l’écologie des mammifères marins observe des failles dans le plan de pêche de crabe des neiges du ministère des Pêches et des Océans (MPO).

Elle critique d’abord la date de la fermeture statique d’une aire de pêche de 14 000 km2 au coeur du golfe.

Elle explique que le 28 avril a été choisi parce qu’il s’agit de la date le plus tôt où une baleine a été observée dans le golfe. Or, une telle observation est un cas extrême – pratiquement une exception à la règle. Dans une année normale, les premières baleines arrivent dans la deuxième moitié de mai, alors que la majorité des mammifères marins se retrouvent dans le golfe de juin à août.

«Ils utilisent l’approche de précaution, l’idée étant de ne pas prendre de risque. Étant donné qu’on a affaire à une espèce en voie de disparition, il n’y a pas de chance à prendre. L’intention de vouloir protéger les baleines n’est pas remise en cause.»

«Mais ce qui a été oublié, c’est la dynamique de l’effort de pêche.»

En interdisant aux crabiers de pêcher dans la zone de fermeture statique, le MPO force des pêcheurs qui auraient atteint leur quota plus rapidement à rester au large jusqu’au dernier moment possible, en fin juin.

L’augmentation de la densité de casiers dans les aires toujours ouvertes à la pêche pourrait causer des problèmes additionnels. Bien que 90% des observations de baleines en 2017 aient eu lieu dans la zone de fermeture statique, «il peut y avoir des baleines qui se retrouvent à l’extérieur de la zone fermée».

«Les baleines ne savent pas, elles, qu’il faut qu’elles se retrouvent dans le petit carré jaune fermé à la pêche.»

«On n’a pas diminué la quantité de casiers ni la quantité de cordage. On les a déplacés à un autre moment et on les a déposés ailleurs. Mais l’ailleurs est probablement pire que si on n’avait rien fait du tout.»

Les fermetures dynamiques annoncées dans le plan de pêche – la fermeture d’une zone pendant 15 jours quand une baleine est observée dans le secteur – pourraient mitiger le problème, selon Mme Morissette. Elles dépendent cependant «de la capacité technique d’observer des baleines dans un secteur donné, et de la rapidité à gérer les casiers qu’il faut sortir de l’eau».

Mme Morissette croit que la solution aurait été de permettre aux pêcheurs de prendre le large plus tôt. Elle s’attaque au fait que le MPO attend que tous les quais de la zone 12 soient libres de glace avant de lancer pêche. Elle propose plutôt d’ouvrir la pêche à mesure que les quais ouvrent.

«Il y a des régions qui sont déglacées et prêtes à partir en fin mars, alors qu’il y en a d’autres qui sont encore glacées présentement. Mais tant que tout le monde n’est pas prêt à partir, on ne part pas.»

«Si on avait laissé les pêcheurs pêcher au mois d’avril, alors qu’il y a beaucoup moins de chance d’avoir des baleines, le gros des quotas se serait pris dans une période où il y a moins de risque. Ceux qui restent pour pêcher par la suite, dans la période critique, auraient été beaucoup moins nombreux. On aurait donc moins de casiers dans l’eau quand les baleines sont là, en juin et juillet.»

Elle reconnaît cependant qu’une telle approche pourrait avoir des impacts socioéconomiques considérables. Par exemple, des crabiers qui vendent leurs débarquements à des transformateurs néo-brunswickois devraient décharger leurs cargaisons à l’extérieur de la province et les transporter par camion à l’usine, ce qui entraînerait des coûts additionnels.

En 2017, 17 baleines noires ont été trouvées mortes au large du Canada et des États-Unis, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent. Les collisions avec les bateaux et les empêtrements avec des engins de pêche sont les principaux suspects.

La baleine noire est une espèce en voie de disparition. Le North Atlantic Right Whale Consortium estime qu’il n’en reste qu’environ 450 au monde.

Un avis aux crabiers dès vendredi ?

Une conférence téléphonique a eu lieu mercredi et une autre aura lieu vendredi entre le ministère des Pêches et des Océans et des joueurs clés de l’industrie sur l’état des glaces et la date d’ouverture de la pêche de crabe des neiges.

Un avis aux pêcheurs annonçant la date du lancement pourrait être publié aussi tôt que vendredi après-midi.

La date tentative d’ouverture de la pêche est habituellement le 15 avril. Elle a souvent lieu plus tard en raison de la présence de glace près des quais.

Ndlr Sibylline : et cela ne dérange personne que ce même gouvernement autorise BP à forer dans la zone de fréquentation de la baleine noire ? Pour être autorisée à forer, l’entreprise a dû sonder les fonds marins, à quelle période l’an dernier ? N’y aurait-il pas juxtaposition des prospections sismiques et de l’échouage en masse des baleines 2017 ? Les hémorragies associées à des collisions avec les navires sont aussi corrélables à la violence de certains traumas acoustiques générés par les sonars et les canons à air. Etrange que les deux dernières hypothèses ne soient jamais avancées.

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