Publié par : Sibylline | mars 18, 2018

Amoco Cadiz. « La marée noire, c’est l’arbre qui cache la forêt »

Christian Buchet est directeur du centre d’études de la mer à l’Institut catholique de Paris. | DR

18 Mars 2018 (Glen Lecourt). Pour Christian Buchet, expert maritime et directeur du centre d’études de la mer à l’Institut catholique de Paris, les marées noires sont l’arbre qui cache la forêt des pollutions marines.

En 40 ans, la sécurité maritime s’est-elle réellement améliorée ?

Dans les eaux occidentales, c’est une certitude. C’est surtout l’Erika et le Prestige qui ont réellement fait évoluer la législation. Les sociétés de classification ont été passées au crible. Une agence européenne de la sécurité maritime (Emsa) a également été créée. Mais il ne faut pas oublier qu’on compte encore un naufrage tous les trois jours dans le monde. C’est toujours une réalité même s’il nous impacte moins ces dernières années.

L’interdiction depuis 2015 des pétroliers à simple coque en Europe a-t-elle été efficace ?

C’est une mesure prise à la va-vite pour satisfaire l’opinion. Mais ces doubles coques sont un piège à corrosion. L’avantage de cette mesure c’est qu’elle a abouti à renouveler le parc des pétroliers dans les eaux occidentales. C’est positif sauf que, dans la durée, il est beaucoup plus coûteux et complexe d’entretenir et de contrôler ces bateaux. À moyen terme, il y a un vrai risque (Ndlr Sibylline : Enfin… Merci !).

Que pèsent les marées noires dans l’ensemble des pollutions marines ?

Les marées noires, en pollution, c’est environ 150 000 tonnes par an dans le monde. Les dégazages, c’est à peu près 1,8 million de tonnes ! Les dégazages n’ont pas le même effet sur l’opinion car ils sont disséminés. La marée noire est l’arbre qui cache la forêt. L’enjeu n’est pas là. Nous ne supportons pas ce type de pollutions spectaculaires mais dans le même temps nous polluons la mer en permanence dans des proportions considérables par les microplastiques, par le rejet des eaux usées. Au-delà du scandale écologique, c’est un non-sens économique car notre avenir c’est la mer.

Il y a quarante ans, le Trégor subissait sa seconde marée noire (Finistère, Côtes-d’Armor) : lien

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