Publié par : Sibylline | mars 13, 2018

L’Autorité environnementale s’inquiète des effets des grands chantiers (île de la Réunion)

Les habitats naturels des baleines sont menacés. Photo : ICI Radio-Canada

13 Mars 2018 (J.-Ph.L.)Faune Marine. Dans un avis sur le réaménagement du port de Saint-Leu, l’autorité environnementale s’inquiète de la multiplication des grands chantiers littoraux. Ils réduisent selon elle, l’habitat des baleines, dauphins et tortues (Ndlr Sibylline : et donc, on laisse faire ?).

Dans quelques mois, le TCO engagera les travaux de rénovation du port de Saint-Leu. Contre un chèque de 15 millions d’euros, celui-ci va se refaire une beauté, aussi bien à terre que sur mer. Nouvelle capitainerie, restaurants, commerces et surtout la création de 100 anneaux pour un total de 250 places qui permettront d’en finir avec la saturation du port. Le chantier sera sous très haute surveillance environnementale. Le port de Saint-Leu est au croisement de plusieurs zones de protection renforcée ou intégrale de la Réserve naturelle marine et proche de Kélonia, un secteur à forte sensibilité écologique. C’est dans ce cadre que l’Autorité environnementale vient de rendre son avis sur les mesures environnementales prévues par le TCO, le maître d’ouvrage.

Des engins de 240 décibels

L’une de ses préoccupations principales concerne les quantités de déchets rejetés par le chantier. Celui-ci « génère une quantité importante de déchets divers et notamment de matières fines en suspension. Ces particules fines en suspension doivent faire l’objet d’une gestion particulièrement rigoureuse pour empêcher leur dissémination dans l’environnement et ne pas impacter la qualité de l’eau et le milieu naturel marin », précise l’Autorité. Plusieurs mesures ont déjà été prévues par le TCO. Un référent environnemental sera nommé et les entreprises comme leur personnel seront particulièrement sensibilisés. L’autre inquiétude de l’autorité concerne le bruit généré par les engins. Jusqu’à 240 décibels pour des brises-roche alors qu’un avion au décollage est mesuré à 160 décibels. Là aussi, le TCO s’est déjà engagé à poser des rideaux à bulles pour réduire les nuisances sonores et à limiter les perturbations pendant l’hiver austral. Reste que l’Autorité s’inquiète de la multiplication des grands chantiers sur le littoral de La Réunion. « La multiplication concomitante des grands chantiers sur l’île (nouvelle route du littoral, Grand Port et port de Saint-Leu) réduit l’habitat de cette mégafaune », indique l’autorité. Les espèces concernées sont les dauphins, les baleines à bosses ainsi que les tortues vertes et les tortues imbriquées. Cette dernière est en danger critique d’extinction. « Cette synergie pourrait constituer aujourd’hui une réelle menace sur la pérennité de ces populations ou de leur fréquentation de l’île », poursuit l’autorité. Celle-ci recommande une coordination de ces chantiers « en évitant par exemple de mettre en œuvre les travaux très sonores au même moment et laisser le temps aux animaux de changer de zone. » Le chantier de la NRL avait été montré du doigt en 2015 et 2016, suite à la quasi-absence des baleines à bosses à proximité des côtes réunionnaises. Les cétacés avaient en réalité boudé l’ensemble des lieux de reproduction habituels de l’océan Indien. En revanche, les cétacés peuvent avoir tendance à bouder une zone perturbée par des travaux et à se réfugier dans des secteurs plus calmes. C’est dans ce sens qu’il faut lire l’avis de l’Autorité.

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :