Publié par : Sibylline | septembre 28, 2016

Des vinyles à base d’algues : le goémon serait-il l’avenir de la musique ? (Ille-et-Vilaine)

Andreas Naumann/EyeEm/Getty

Andreas Naumann/EyeEm/Getty

28 Septembre 2016 (Erwan Perron). Les premiers “vinylgues”, disques vinyles fabriqués à partir d’algues brunes, sont sortis de la petite usine bretonne M Com’ Musique, située dans la banlieue de Rennes. Mais il faudra attendre avant que ces nouvelles galettes bretonnes envahissent le marché…

« Algues brunes ou rouges / Dessous la vague bougent / Les goémons / Mes amours leur ressemblent / Il n’en reste il me semble / Que goémons », chantait Serge Gainsbourg en 1962. Les algues, support poétique et miroir de nos âmes tourmentées, on connaissait. Les algues, nouveau support technologique de l’industrie musicale, voilà qui est plus innattendu.

La presse régionale s’en est dernièrement fait l’écho : les Bretons de la société M Com’ Musique, établie à Orgères, dans la région de Rennes, ont inventé le premier disque vinyle écolo à base d’algues. « En collaboration avec l’entreprise malouine Algopak, qui fabrique une matière rigide à base de déchets industriels d’algues brunes, nous avons sorti de notre usine trois prototypes », explique Mikaël Collet, 31 ans, l’un des deux patrons de M Com’ Musique.

Des disques qui se dégradent trop vite

Voilà qui est malin : la société Algopak fabrique depuis 2010 des porte-clés ou des couverts « 100 % biodégradables », à base de plantes aquatiques. Sa recette de fabrication, en sus d’être une alternative au plastique, n’utilise ni pesticide, ni engrais, et très peu d’eau. « Pour le “vinylgue”, poursuit Mikaël Collet, nous avons dû malheusement utiliser 20 % de pétrole ainsi que de l’étain et du démoulant. Mais c’est un progrès considérable, lorsqu’on sait que tous les disques 33-tours sont aujourd’hui exclusivement fabriqués à partir de pétrole, donc éminemment polluants. »  

Problème : le « vinylgue » développé par M Com’ Musique a encore besoin d’être amélioré : il est tellement écolo qu’il se dégrade beaucoup trop vite. « Nous sommes très satisfaits du rendu et de la qualité sonore de notre dernier prototype. Malheureusement, après quinze jours d’écoute, il devient quasi inaudible,reconnaît Mikaël Collet, qui défend « une démarche citoyenne » autant qu’il confesse « un coup de communication ». Car M Com’ Musique, lancé en 2014, fabrique 120 000 disques vinyles par an, très loin derrière la société MPO (Moulages plastiques de l’Ouest), à Villaines-la-Juhel, dans la Mayenne. Une entreprise qui reste discrète sur son nombre de galettes pressées, et qui n’a pas annoncé qu’elle changeait sa recette de fabrication…

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