Publié par : Sibylline | septembre 1, 2016

La situation des baleines noires dans l’Atlantique Nord s’assombrit (Canada, Etats-Unis)

une baleine franche libérée par deux pêcheurs au large de l’île de Campobello. Photo Campobello Whale Rescue

une baleine franche libérée par deux pêcheurs au large de l’île de Campobello. Photo Campobello Whale Rescue

1er Septembre 2016. Le déclin des baleines se poursuit dans l’Atlantique Nord, selon une récente étude. Les morts sont plus fréquentes et les naissances, moins.

Une pêche hauturière plus intensive, des équipements de pêche plus lourds et un accroissement des déplacements des baleines noires expliquent le déclin de ces cétacés dans les eaux de l’Atlantique Nord, selon l’étude publiée le mois dernier dans Frontiers of Marine Science.

La conservation de cette espèce menacée « n’est pas encore une réussite », conclut le rapport.

Chassées presque jusqu’à extinction

L’auteur principal de l’étude et vice-président de la recherche à l’aquarium de la Nouvelle-Angleterre, Scott Kraus, explique que la baleine noire a été, pendant des siècles, considérée comme « la baleine à abattre, car elle flottait lorsqu’elle mourait ».

La baleine noire de l’Atlantique Nord a frôlé l’extinction au milieu des années 1930, avant que la chasse aux baleines soit rendue illégale, en 1935.

« Après que l’on eut arrêté de les tuer, la réhabilitation de l’espèce est demeurée stable jusqu’en 2010 », dit Kraus.

« Elles ont continué à se multiplier en 2010, date à laquelle on a vu la population de baleines noires atteindre les 500 spécimens », poursuit-il.

Des baleines prises dans les filets

Les filets de pêche sont l’ennemi principal des baleines noires.

« Comme les cordes sont plus solides et le matériel plus lourd, les blessures des animaux sont plus importantes et plus durables », affirme le chercheur.

Moins de naissances

Selon Scott Kraus, le déclin des naissances de baleines noires pourrait s’expliquer par la migration des cétacés dans la baie de Cape Cod au printemps et dans le golfe du Saint-Laurent l’été, un phénomène nouveau.

Les chercheurs ont été « surpris » par ces changements. Mais ceux-ci peuvent être liés au déplacement de leurs sources de nourriture en raison de « températures très chaudes dans le golfe du Maine ».

« Comme elles cherchent de la nourriture, elles commencent à se déplacer dans d’autres endroits. Plus elles passent de temps à chercher de la nourriture, moins elles mangent. Et moins elles grossissent, moins elles peuvent avoir de baleineaux », explique Scott Kraus.

D’autres théories évoquent les blessures causées par les équipements de pêche (Ndlr Sibylline : les enchevêtrements, lorsqu’ils ne sont pas directement létaux, ont des conséquences physiques sur le long terme et des effets sur la reproduction) et les maladies.

Des changements requis dans le matériel de pêche

Selon les chercheurs, une bonne façon de protéger les baleines serait de faire en sorte que les cétacés puissent s’échapper plus facilement des filets de pêche lorsqu’ils y sont pris.

« On n’a pas de contrôle sur certains changements d’écosystèmes, mais on peut avoir un impact sur les responsabilités humaines de blessures et de mortalité des baleines », estime Scott Kraus.

Ref. Scott D. Kraus, Robert D. Kenney, Charles A. Mayo, William A. McLellan, Michael J. Moore, Douglas P. Nowacek. Recent Scientific Publications Cast Doubt on North Atlantic Right Whale FutureFrontiers in Marine Science, 2016; 3 DOI : 10.3389/fmars.2016.00137

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