Publié par : Sibylline | juin 21, 2016

Bientôt un nouveau parc naturel marin en Corse

Cap-Corse21 Juin 2016 (Marine). Le Conseil national de protection de la nature s’est déclaré le 8 juin 2016 en faveur de la création du parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. La publication du décret de création marquera l’avènement du parc après quelques consultations réglementaires restantes. Cette nouvelle entité sera alors la huitième d’un réseau de 10 parcs naturels marins, dont deux sont encore en projet, le parc normand-breton et le parc de Martinique. Ce nouveau parc s’inscrit dans la volonté annoncée en 2009, au Grenelle de la mer, d’avoir 20 % des eaux,  sous juridiction française, classées en aires marines protégées d’ici 2020 (aujourd’hui 16% le sont).

A terme, une zone d’environ 7 000 km2 entourera la région parfois surnommée l’île de l’île et l’Agriate. Cet espace a été choisi pour son patrimoine naturel très riche, avec des caractéristiques exceptionnelles. Par exemple, ses particularités géologiques, quatre canyons ainsi qu’un mont sous-marin culminant à 1300 mètres de profondeur, environné d’un fond vaseux situé à une profondeur de 2050 m, sont des écosystèmes encore peu connus qui permettent une biodiversité riche. Les fonds marins du Cap Corse et de l’Agriate recèlent aussi d’habitats remarquables avec une vingtaine de grottes et plus de 100 km2 d’herbiers de posidonie, soit près de 20 % de la surface occupée par ce type d’écosystème en Corse. Protégés, ces herbiers sont des formations rares qui jouent un rôle similaire à celui des récifs et représentent de véritables nurseries et nourricières. Cependant, c’est peut-être la richesse animale qui démontre le plus l’importance de ce projet. Les 7 000 km2 comportent de nombreuses espèces patrimoniales, dont certaines en danger d’extinction et strictement protégées comme le mérou brun, la grande nacre ou encore le corail rouge. De même, plus de 200 espèces d’oiseaux y vivent ou séjournent ponctuellement, le parc hébergeant des sites de nidifications, notamment pour les puffins cendrés. Huit espèces de cétacés y sont aussi régulièrement observées, ainsi que des tortues caouannes (des tentatives de pontes, fait rarissime, furent même observée en 2002 et 2014) et des, beaucoup plus rares, tortues vertes.

Cependant, le choix de cet espace très touristique, les 10 000 habitants des 27 communes quintuplent durant la période estivale, représente un défi pour le parc. Les objectifs visent à sensibiliser les différents publics tout en entretenant la dynamique actuelle, durable et équitable, des activités professionnelles et de loisirs. Au-delà de ses objectifs, le parc devrait améliorer le quotidien des locaux et touristes en surveillant de près la qualité de l’eau qui a été fortement polluée par une mine d’amiante à proximité. Selon l’estimation de Guy Meria, auteur d’un livre sur l’amiante et la Corse, environ 12 millions de tonnes de rebuts d’amiante furent déversés en mer entre 1941 et 1965, conduisant à un engraissement sur certaines plages.

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