Publié par : Sibylline | juin 9, 2016

Les baleines, premières victimes de la pollution en Méditerranée

La contamination de ces grands mammifères marins traduit aussi une atteinte inquiétante de l'ensemble de la chaîne alimentaire. Photo Patrick Nosetto. Ici, une baleine à bosse

La contamination de ces grands mammifères marins traduit aussi une atteinte inquiétante de l’ensemble de la chaîne alimentaire. Photo Patrick Nosetto. Ici, une baleine à bosse

Jeudi 9 Juin 2016 (Philippe Gallini). En Méditerranée, les grands cétacés affichent des taux de PCB inquiétants

Présentés hier à Marseille, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan, les résultats de la campagne 2015 de surveillance de la qualité des eaux méditerranéennes ont montré une forte contamination par les PCB (polychlorobiphényles) des grands mammifères marins que sont les rorquals communs et les cachalots.

Cette contamination très supérieure à celle constatée sur les individus évoluant dans l’océan Atlantique ou dans l’hémisphère sud, traduit en effet une atteinte inquiétante de l’ensemble de la chaîne alimentaire, avec la menace que cela représente pour la consommation humaine de produits de la mer. Situation d’autant plus préoccupante que les PCB sont lourdement soupçonnés de dérégler les fonctions de reproduction et thyroïdiennes. Même si, à ce jour, aucune perturbation de la capacité de reproduction des rorquals n’a été constatée ; leur taux de gestation restant à la fois stable et élevé.

Autre problème mis en évidence par cette étude commanditée conjointement par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la Direction interrégionale de la Mer Méditerranée : celui de la contamination chimique des eaux côtières, notamment à proximité des grandes agglomérations et des zones de forte activité industrielle. C’est le cas dans la rade de Marseille où l’on mesure des taux importants de PCB et d’arsenic, mais aussi de tributylétain, preuve que même plusieurs années après son interdiction, ce produit, qui entrait dans la composition des peintures de protection des coques de bateaux, persiste dans le milieu naturel. Produits auxquels s’ajoutent, dans plusieurs des masses d’eau expertisées, des traces non négligeables de métaux lourds comme le chrome et le nickel.

L’enquête met également en évidence un phénomène récent mais dont le développement préoccupe les spécialistes de biologique marine : l’augmentation des concentrations de microplastiques dans le milieu marin. Concentrations qui atteignent même des sommets dans deux secteurs géographiques distincts : entre Antibes et Villefranche-sur-Mer, sur la Côte d’Azur, d’une part, et le long de la côte orientale de la Corse, d’autre part. Dans les deux cas, ces taux atteignent 1 500 microparticules par hectare, contre un peu moins de 100 microparticules par hectare en moyenne en Méditerranée française.

Des indices qui laissent espérer une amélioration

L’étude de l’Agence de l’eau et de la Dirmed comporte cependant plusieurs points positifs et non des moindres. Elle révèle, par exemple, des indices encourageants d’une évolution favorable du milieu marin comme la stabilisation de la dégradation de l’herbier de posidonies, considéré comme le poumon vert de la Méditerranée, mais aussi des micro-algues. Cet herbier est même en croissance dans les calanques de Marseille, notamment autour du grand émissaire de Cortiou, ce qui pourrait laisser penser que la qualité des eaux usées rejetées à cet endroit s’est sensiblement améliorée. De même, des poissons adultes et des juvéniles, sont observés en nombre dans plusieurs secteurs littoraux, en particulier le long de la Côte Bleue.

Enfin, l’enquête montre une diminution sensible des signes de pollution par les hydrocarbures et les eaux sales des navires ; diminution que les enquêteurs expliquent en grande partie par une réduction significative du nombre de yachts de grande plaisance évoluant dans les eaux méditerranéennes aux cours de ces trois dernières années. Situation qui pourrait cependant s’inverser rapidement -dans le mauvais sens…- en raison du retour de ces navires observé depuis 2015.

Ndlr Sibylline : cela rejoint cette information

Citation : Jepson, P. D. et al. PCB pollution continues to impact populations of orcas and other dolphins in European watersSci. Rep. 6, 18573; doi: 10.1038/srep18573 (2016).

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