Publié par : Sibylline | mai 16, 2016

L’habitat essentiel du béluga sera légalement protégé (Québec, Canada)

© GREMM

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16 Mai 2016 (Béatrice Riché, Baleines en direct). Le gouvernement du Canada vient de publier un avis dans la Gazette du Canada annonçant que, conformément à la Loi sur les espèces en péril (LEP), l’habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent sera légalement protégé.

Le béluga du Saint-Laurent a été inscrit en tant qu’espèce menacée en vertu de la LEP en mai 2005. Son habitat essentiel, c’est-à-dire l’habitat sans lequel cette population ne pourrait se rétablir, a été présenté en 2012 dans le Programme de rétablissement du béluga. L’habitat essentiel est délimité par l’estuaire moyen, la rivière Saguenay jusqu’à la baie Sainte-Marguerite et le chenal du sud de l’estuaire maritime. C’est là que les bélugas femelles mettent bas et qu’elles prennent soin de leur veau durant la saison estivale. Les femelles montrent un attachement très fort à cet habitat, caractérisé par l’abondance de proies et une bathymétrie peu profonde, et elles y retournent chaque été.

Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel doit légalement être protégé contre la destruction. Par exemple, des activités qui causeraient une pollution sonore excessive ou une baisse notable de la disponibilité des proies dans l’habitat essentiel, et qui pourraient empêcher les bélugas d’accomplir des fonctions vitales telles que l’alimentation, le soin aux jeunes et la socialisation, constituerait une destruction de l’habitat essentiel et seraient interdites.

Cette protection légale de l’habitat essentiel du béluga aurait dû être annoncée dans un délai de 180 jours suivant le dépôt de la version finale du programme de rétablissement, c’est-à-dire il y a près de 4 ans. Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), qui recueille depuis trois décennies des données qui ont permis l’identification de l’habitat essentiel et le suivi de cette population, se réjouit de cette annonce du gouvernement. « La population de bélugas du Saint-Laurent est de nouveau en déclin et nous avons observé depuis 2010 une mortalité accrue des nouveau-nés. Aujourd’hui, nous espérons que la protection de l’habitat essentiel du béluga permettra de réduire les menaces qui pèsent sur les femelles et leur veau. C’est fondamental pour la survie et le rétablissement de cette population emblématique », souligne Robert Michaud, président et directeur scientifique du GREMM.

« Toutefois, la loi budgétaire omnibus de 2012 du précédent gouvernement fédéral a laissé une brèche dans l’application des interdictions visant l’habitat essentiel », mentionne Christian Simard, directeur général de Nature Québec. « En effet, un certificat délivré conformément à un décret pris en vertu de la Loi sur l’Office national de l’énergie permet toujours de contourner les interdictions visant l’habitat essentiel », poursuit-il. Dans un communiqué de presse diffusé le 16 mai 2016, la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec (SNAP Québec), le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada), Nature Québec, la Fondation David Suzuki et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) applaudissent la décision du gouvernement canadien de protéger l’habitat essentiel du béluga mais demandent au gouvernement « de poursuivre son grand ménage du printemps et de fermer définitivement cette dernière fuite ».

Autre information sur les risques encourus par les bélougas : « Les bélougas auront leur habitat protégé en mer de Beaufort, mais ouvert aux forages d’hydrocarbures.« 

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