Publié par : Sibylline | mai 14, 2016

Forages offshore sans limites définies (Italie)

Ballot-pour-référendum-en-Italie14 Mai 2016. Le 17 avril dernier, l’avenir des 92 puits de forages des eaux italiennes était décidé par référendum. Si depuis 2006 aucune licence d’extraction de gaz et de pétrole n’a officiellement été attribuée, les licences, auparavant limitées dans le temps (d’une durée de trente ans, renouvelable dix, puis cinq ans) ont, en 2015, été changées pour une limite géologique trouble, par le gouvernement de Matteo Renzi. Cette réforme stipule que les forages pourront continuer à être exploités « jusqu’à épuisement du gisement ». Aussi, pour la première fois, neuf assemblées régionales littorales ont décidé de soumettre cette décision à un référendum.

Les Italiens pouvaient voter « oui », pour que les précédentes limites temporelles s’appliquent, où « non » en soutien à la loi actuelle. Bien que le résultat ait conduit à une écrasante majorité de « oui », 86 %, le dernier puits de forage italien ne s’éteindra pas en 2034, comme il le devrait si les limites temporelles étaient appliquées.

Pourquoi ? En Italie pour qu’un référendum soit valide, il est essentiel que 50 % des inscrits sur les listes électorales aillent voter. C’est ici que la controverse loge ; si les populations non-littorales avaient déjà un intérêt pauvre sur le sujet du référendum, Matteo Renzi a joué de son pouvoir politique et médiatique contre le référendum, en appelant les citoyens à ne pas se déplacer aux urnes. C’en est suivi que seulement 32,5 %, des 51 millions d’inscrits, n’ont pas suivi ce « conseil » et ont voté. Le quorum de 50 % des inscrits n’aillant pas été atteint, le référendum est considéré comme nul et les forages offshore peuvent ainsi continuer jusqu’à épuisement des puits.

La bataille autour du référendum était aussi un moyen pour les écologistes de se concentrer sur un nouveau modèle de développement moins dépendant des énergies fossiles. Bien qu’en hausse, les énergies propres ont satisfait 17 % de la consommation nationale en 2015, l’Italie dépend toujours majoritairement des énergies fossiles. Cependant, ces puits de forage offshore ne couvrent que peu de la consommation énergétique italienne. En 2015 seulement 3,5 % de la consommation de gaz et à peine 1% de la consommation de pétrole furent le produit des 92 puits offshore.

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