Publié par : Sibylline | mai 12, 2016

Mortalités dans l’estuaire (Québec, Canada)

© Alain Parent

© Alain Parent

12 Mai 2016 (Josiane Cabana). Une carcasse de béluga au Bas-Saint-Laurent.

Chaque année, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins traite entre 15 et 20 cas de carcasses de béluga. Le mercredi 11 mai, c’est la deuxième carcasse de la saison 2016 qui est rapportée pour cette espèce.

Un résident de Saint-André, dans la municipalité de Kamouraska, a appelé le 1-877-7baleine après avoir découvert non loin de sa maison une carcasse aux couleurs hors du commun, mais à l’aspect physique qui correspond à celui du béluga: front bombé, présence de dents, nageoires arrondies, environ 3 mètres de long. Rapidement, un bénévole du secteur, pratiquement voisin du lieu d’échouage, s’est rendu sur le site pour prendre des photos et les envoyer au Centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins. Le cas s’est vite confirmé: il s’agissait bel et bien d’une carcasse de béluga en état de décomposition avancée. Des échantillons ont été récoltés sur l’animal jeudi matin, avant qu’il soit pris en charge par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) en collaboration avec la municipalité. Les intervenants ne sont pas sans se rappeler de la complexité de l’intervention puisqu’en septembre 2014, un béluga de cette taille avait aussi été retrouvé échoué dans ce secteur.

Des sébastes morts par milliers

Le Centre d’appels a aussi reçu des appels concernant une mortalité massive de sébastes observée le 8 avril et le 7 mai à Tadoussac ainsi que le 9 mai à l’île Verte et à Rimouski. Des chercheurs du parc marin du Saguenay−Saint-Laurent et du ministère Pêches et Océans Canada ont été informés et ont mis en lumière que ces observations coïncident avec les marées de vives-eaux (marées d’amplitude supérieure à la moyenne). Ces mortalités seraient donc dues à un stress causé par des changements drastiques des conditions physiques du milieu, soit un apport massif d’eau froide et/ou d’eau douce (choc osmotique). Les chercheurs rapportent un incident du genre à Saint-Fulgence en 2015 en amont du Saguenay, ainsi que dans la baie des Ha! Ha! en 1993-94. Tous ces endroits sont situés dans des zones de résurgences (le fond marin remonte et propulse l’eau profonde vers la surface). Les chercheurs ne s’inquiètent pas de la situation comme le recrutement chez ces poissons a connu un succès notable dans les trois dernières années, un taux sans précédent depuis 30 ans.

Pour en savoir plus :

Sur le site de Pêches et Océans Canada : Le retour du sébaste ?

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