Publié par : Sibylline | avril 12, 2016

L’UNIL a analysé les effets délétères et invisibles des minimarées noires

Un zodiac s'approche d'une nappe de pétrole, auquel a été ajouté un colorant rouge, en vue de prélever des échantillons. En arrière-plan, l'ARCA, bateau de dépollution des garde-côtes néerlandais. Image : Jan Roelof van der Meer

Un zodiac s’approche d’une nappe de pétrole, auquel a été ajouté un colorant rouge, en vue de prélever des échantillons. En arrière-plan, l’ARCA, bateau de dépollution des garde-côtes néerlandais. Image : Jan Roelof van der Meer

12 Avril 2016. Pollution. Des scientifiques ont démontré que les dégazages de bateaux en mer, même peu importants, peuvent être nocifs pour les écosystèmes.

Une équipe du Département de microbiologie fondamentale de l’UNIL, sous la direction du professeur Jan Roelof van der Meer, a passé plusieurs années à analyser les effets de petites pollutions au pétrole dans l’eau de mer. Les résultats viennent d’être publiés dans la revue anglo-saxonne Nature Communications, et ils ne sont pas rassurants.

Les pollutions en question consistent en des volumes d’hydrocarbures pesant moins de 7 tonnes, dont la présence est souvent le fait de dégazages de bateaux en pleine mer. Bien que largement moins impressionnants que la catastrophe écologique qu’a par exemple été la marée noire qui a suivi l’incendie accidentel de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, en 2010, au large des Etats-Unis, ils représentent tout de même près de 80% des fuites de pétrole dans la mer, selon les données fournies par le secteur du transport maritime lui-même.

Bactéries luminescentes

Cette étude, menée dans le cadre d’un programme européen avec des partenaires hollandais, allemands et avec l’EPFL, a montré la rapidité avec laquelle ce genre de pollution peut contagier des zones étendues, même si la tache originelle n’est en général plus visible après deux ou trois jours. Après seulement quelques heures, la contamination était ainsi détectable à 8 mètres de profondeur et jusqu’à 500 mètres de la tache de départ.

Pour détecter la présence des produits polluants, l’équipe de Roelof van der Meer a innové en se servant de bactéries génétiquement modifiées devenant luminescentes à proximité de composants du pétrole. «Cette méthode permet d’évaluer la situation en temps réel, explique le scientifique. C’est un gain de temps précieux par rapport à une analyse chimique.»

L’étude des concentrations de différents petits organismes dans l’environnement en contact avec ces minimarées noires a de plus mis en évidence des déséquilibres écologiques, certaines algues et bactéries continuant à vivre comme avant, alors que les prédateurs du plancton animal étaient fortement touchés. (24 heures)

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