Publié par : Sibylline | mars 30, 2016

Incursion d’un méga-chalutier industriel dans les eaux du Pays Basque

mega-chalutier-industriel-Pays-Basque30 Mars 2016 (Plateforme petite pêche). Le 29 mars 2016, les petits pêcheurs artisans du Pays Basque ont vu arriver dans leurs eaux un méga-chalutier de 86 mètres, le Sandettie. Chalutier immatriculé à Fécamp, il n’a de fécampois en réalité que l’immatriculation. Propriété de l’armement France Pélagique, lui-même appartenant au groupe Cornelis-Vrolijk (Ndlr Sibylline : la scapêche leur a acheté 4 chalutiers en 2014, lien anglais), gigantesque multinationale néerlandaise régnant sur le monde fermé et surpuissant de la pêche industrielle pélagique. 

Au niveau local, l’impact de ces chalutiers-congélateurs industriels sur la ressource et l’ensemble de l’écosystème est énorme. Leur capacité de capture dépasse 100 tonnes de prises par jour ! C’est dix à vingt fois le tonnage annuel d’un petit pêcheur artisan. Le pêcheur ne voit même pas le poisson qu’il pêche, viré directement dans les cales au moyen de suceuses au débit de 5 tonnes par minute. On se demande dans ces circonstances comment la réglementation européenne sur les quotas, les tailles minimales et les rejets peut être respectée ?

Impact sur l’écosystème et sur la petite pêche

La pêche professionnelle dans les eaux basques fait vivre de nombreux pêcheurs, notamment dans la fosse de Capbreton, un écosystème très riche et essentiel à la petite pêche locale. Très concrètement, nos pêcheurs dénoncent l’impact immédiat sur la chaîne alimentaire de ces chalutiers géants. En prélevant les poissons pélagiques, maquereaux, sardines, chinchards etc., ces bateaux déstabilisent l’écosystème, appauvrissent la zone de pêche des pêcheurs côtiers et impactent directement leur activité.

Nos détracteurs nous rétorquent en permanence que nos revendications en matière de préservation de la petite pêche conduiraient à la surexploitation de la bande côtière. Mais que représente l’impact de nos bateaux face à de tels chalutiers-usines ? Que font ces chalutiers géants si proches de la côte ?

La Politique Commune des Pêches en vigueur nous avait apporté quelques espoirs, en promettant de protéger la petite pêche, en allouant l’accès aux pêcheries sur des critères transparents et objectifs, à caractère environnemental, social et économique. Entre les coups de chalut gigantesques d’un armement multinational destiné à enrichir des actionnaires et une petite pêche artisanale aux prélèvements faibles et aux techniques respectueuses du milieu, qui fait vivre des pêcheurs indépendants et l’économie locale, nous constatons que la PCP a bien du mal à trancher… Le comble de tout cela est que cette multinationale bénéficie d’un label MSC de pêche durable…

Ndlr Sibylline : tout comme la SAPMER (dans les Terres Australes), approvisionnant la marque Petit Navire (propriété de Thaï Union frozen products (TUF)) « écologiquement irréprochable » !

Pêche au thon : un bateau de la Sapmer épinglé par une vidéo « choc » de Greenpeace (île de la Réunion)

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