Publié par : Sibylline | mars 19, 2016

Algoculture dans nos villes

19 Mars 2016. Depuis plusieurs années, les micro-algues, ou phytoplancton sont le sujet de nombreuses recherches scientifiques. L’université de Nantes, qui s’implique dans de nombreux projets de recherche sur la thématique Mer-Littoral, s’y intéresse notamment et a associé ses efforts avec le cabinet d’architecture XTU Architects. Cette collaboration se veut de concevoir des bâtiments du futur en valorisant les façades grâce à la culture de micro-algues. De tels bâtiments seraient non seulement profitables mais auraient aussi un impact positif sur l’environnement. Cette coopération a donc résulté en la création de « biofaçade », des façades qui servent à la culture des micro-algues.

Nous devons aux algues et micro-algues de 50 à 70% de la masse d’oxygène produite sur terre, grâce à la photosynthèse ces micro-algues transforment le CO2 en oxygène et biomasse.  Leur biomasse est d’ores et déjà utilisée pour les produits cosmétiques et pourrait être une ressource très importante pour les industriels de la santé. Les micro-algues se substituent progressivement aux actifs d’origine pétrochimiques, elles sont souvent pensées comme les biofuels de troisième génération grâce à l’huile qu’elles génèrent. Néanmoins il est aujourd’hui difficile d’explorer leur potentiel car gourmandes en espace et lumière, elles peinent à pouvoir être pleinement exploitées.

C’est à partir de ce problème et des possibilités environnementales et commerciales des micro-algues que XTU et le laboratoire GEPEA ont en 2013 installé un prototype de biofaçade sur les toits de Polytech Nantes, à Saint Nazaire. Labiofaçade, un « photobioréacteur mur-rideau », ressemble à un aquarium, épais de quelques centimètres seulement, formant la façade du bâtiment (les cultures de micro-algues seront au choix visible ou invisible depuis l’intérieur). Une telle culture demicro-algues permet de réduire de près de 90% la quantité d’eau utilisée en culture classique et assure une productivité 30 fois supérieure à celle-ci. En outre, l’installation de biofaçades se traduit en 50% de réduction des consommations énergétiques pour le chauffage et refroidissement du bâtiment, en plus de la captation du CO2 et de la valorisation d’eaux usées. Il s’agit donc un procédé qui contribue ainsi à un bilan environnemental global positif pour le bâtiment, conforme à l’évolution de certains labels (Effinergie, BREEAM, Minergie, LEAD, etc.).

Il y aura bientôt des biofaçades à Paris, grâce au concours Réinventer Paris : 900 m2 de biofaçade dans le 13èmearrondissement et 2000 m2 dans le 17ème. En valorisant les mètres carrés verticaux non exploités par une culture de micro-algues économiquement rentable, on permet la production d’une biomasse qui sera peut-être l’énergie de demain.

Du côté pratique, un minimum d’environ 1000 m2 de façade orientée au sud sont nécessaires pour rentabiliser l’installation. Ces biofaçades restent légères et les coûts liés à la culture sont pris intégralement en charge par l’algoculteur.

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