Publié par : Sibylline | mars 1, 2016

Grandes manœuvres navales et amphibies de l’OTAN en Norvège

Le Johan de Witt lors d'un entraînement préparatoire à Harstad le 25 février ©Mer et Marine – Vincent Groizeleau

Le Johan de Witt lors d’un entraînement préparatoire à Harstad le 25 février ©Mer et Marine – Vincent Groizeleau

1er Mars 2016 (action en fin d’article). Bâtiments de projection, frégates, patrouilleurs, sous-marins, moyens aériens, unités terrestres… Pas moins de 15.000 militaires sont réunis en Norvège dans le cadre de l’exercice Cold Response, qui débutera demain après une dizaine de jours de préparation. Ces importantes manœuvres navales et amphibies, organisées par l’OTAN dans la région de Trondheim, rassemblent des unités provenant de 13 nations alliées (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Lettonie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède).

La marine française participe notamment avec la frégate anti-sous-marine Primauguet, l’aviso Lieutenant de Vaisseau Lavallée et semble-t-il un sous-marin nucléaire d’attaque. Le Standing NATO Maritime Group 1 est également présent, avec la frégate Alvaro de Bazan et le ravitailleur Cantabria de la flotte espagnole, la frégate britannique Iron Duke et les patrouilleurs lance-missiles norvégiens Storm et Steil. On notera aussi l’importante participation de la marine néerlandaise, avec ses deux transports de chalands de débarquement, le Johan de Witt et le Rotterdam, qui évoluaient le 25 février, dans le cadre de la phase préparatoire de Cold Response, dans la région d’Hartsad, au-delà du cercle polaire.

Prévu pour se dérouler jusqu’au 9 mars, cet exercice hivernal de grande ampleur organisé régulièrement par les forces armées norvégiennes avec le concours de l’OTAN, vise à entrainer les forces du pays dans le cadre d’opérations interarmées et interalliées en zone très froide. Les unités sont engagées dans des scénarios très réalistes reproduisant des opérations de combat de forte intensité avec menaces multiples, en particulier dans les domaines de la lutte anti-sous-marine et de la projection amphibie et aéromobile. Cela, dans un environnement rude et caractérisé par le littoral très découpé de la Norvège, dont les innombrables fjords offrent autant de lieux pour se dissimuler et attaquer.

En plus d’améliorer l’interopérabilité des forces de l’Alliance Atlantique et d’offrir un cadre d’entrainement unique et de très haut niveau, Cold Response constitue également une mesure de réassurance vis-à-vis de la Norvège. Le pays est en effet voisin de la Russie et les tensions entre Moscou et les Occidentaux y ont engendré des inquiétudes, comme ce fut également le cas pour les pays baltes, où l’OTAN a réalisé des manœuvres l’an dernier.

On notera en particulier que, dans cette perspective, la flotte française a, depuis plus d’un an, accentué sa présence dans le Grand Nord. La Marine nationale y ainsi, à plusieurs reprises depuis la fin 2014, dépêché des frégates, SNA et avions de patrouille maritime.

Ndlr Sibylline : rapide coup d’œil sur l’équipement de la frégate anti-sous-marine Primauguet (source) :

1 sonar actif de coque DUBV-24 C , 1 sonar remorqué DUBV-43 , 1 sonar DSBV 61 B et l’on ne parle pas des radars.

@Toutou du 93

@Toutou du 93

Video-game

Au 05/03/2016, la France se trouve aux portes des glaces, ayant franchi le cercle polaire arctique, situé au 66° 33’ 46’’ N (source).

Dans le même temps, le SNA Casabianca (sous-marin nucléair d’attaque équipé de : 1 sonar multifonction DMUX-20, 1 sonar remorqué ETBF DSUV-62 C, 1 sonar DUUG-7) s’entraîne avec le sous-marin norvégien Utstein (équipé de : suite CSU-83 pour la coque, l’attaque, Thomson Sintra pour les flancs), quelque part en mer de Norvège, dans le calme des eaux froides du cercle polaire (comme c’est romanesque !) : lien.

« À l’affût de la moindre trace aux sonars immédiatement analysée par les «oreilles d’or», le Casabianca et l’Utstein passaient alternativement de la position confortable de pisteur à celle moins enviable de pisté. Les exercices s’enchaînaient à un rythme soutenu pour le plus grand plaisir des équipages des deux sous-marins, ravis de mettre à exécution les tactiques durement apprises à l’entraînement. »

L’aspect positif, c’est qu’aucun « crétin » d’écolo ne viendra manifester ou transmettre des images gênantes d’animaux agonisant !

Dans la rubrique « nécrologie » de l’océan :

26/02/2016 « Dynamic Manta 2016 » : La Marine participe au grand rendez-vous OTAN de la lutte anti-sous-marine (lien). Notez la subtilité des noms d’animaux marins.

Le prochain lancer du M51, dans le Golfe de Gascogne, qui devait avoir lieu depuis le SLNE Le Triomphant (Février – Mars nous avait-on dit), il risque d’être retardé, le SLNE ayant été victime d’un incendie dans la partie chaufferie nucléaire alors qu’il était à quai dans sa base de l’Île Longue (Finistère, source).

L’AE2D n’était pas du tout du tout contente de l’apprendre par voie de presse :

« Les membres de la Commission d’information auprès des sites nucléaires de la défense de Brest et l’île Longue, dont fait partie AE2D, n’en ont été avertis par aucun autre moyen. En effet, on ne trouve nulle trace de cet incendie sur le site internet de la Commission. Rappelons que cette commission a pour « vocation de répondre à toutes les questions relatives à l’impact des activités nucléaires sur la santé et l’environnement » (la suite, si elle vous intéresse)

D’un autre côté, si les associations étaient directement informées sur les pérégrinations de l’armée, ça se saurait…

En attendant, pas d’inquiétude, on continue de se moderniser : La France prépare la mise en service d’une nouvelle version du M51 (lien)

« Connue sous le nom de M51.2, la nouvelle version du missile est spécialement adaptée à la TNO (tête nucléaire océanique), plus performante que l’actuelle TN75 et d’une puissance de 100 kilotonnes. »

L’armée étant particulièrement respectueuse de l’environnement, nous sommes rassurés. On nous l’a confirmé dans l’enquête publique du SAGE (à laquelle Sibylline a participé… des dents risquent de grincer mais c’est une autre histoire).

p 60/326 du PAGD « Depuis 2008, la DGA essais de missiles s’est engagée dans une démarche de préservation de l’environnement en obtenant la certification ISO 14 001 (déchets, pollutions…) et parallèlement participe à des groupes de travail (Natura 2000, sites inscrits et classés…) ».

La mort nucléaire gît au fond de l’océan (lien)

Sinon, d’autres pays s’engagent dans celui qui aura la plus grosse :

Sous-marins : le Japon se lance aussi dans la compétition du siècle (lien)

Le gagnant sera celui qui aura détruit le plus d’animaux marins possible ! Rendez-vous très bientôt…

Ajoutez votre voix pour lutter contre la destruction des océans (lien)

Le film à l’origine de la campagne de sensibilisation

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