Publié par : Sibylline | février 16, 2016

La Bretagne accueille la première ferme hydrolienne au monde

D'une taille de 16 mètres de diamètre pour un poids de 300 tonnes, cette hydrolienne sera immergée à 40 mètres de profondeur au large de l'archipel de Bréhat, dans la Manche. - Photo DCNS

D’une taille de 16 mètres de diamètre pour un poids de 300 tonnes, cette hydrolienne sera immergée à 40 mètres de profondeur au large de l’archipel de Bréhat, dans la Manche. – Photo DCNS

16 Février 2016 (Stanislas du Guerny). EDF et DCNS feront fonctionner une première ferme d’ici à l’été, moyennant 40 millions d’euros. Sabella, le concurrent, table sur de prochains contrats aux Philippines.

Produire de l’électricité grâce aux courants marins va bientôt devenir une réalité. EDF vient de positionner à 40 mètres sous la mer, au large de l’archipel de Bréhat, dans la Manche, une première hydrolienne d’un poids de 300 tonnes pour 16 mètres de diamètre. Elle est fixée sur un socle de 900 tonnes (!!!) pour résister aux courants marins qui circulent dans cette zone redoutée de tous les plaisanciers. Une seconde hydrolienne de la même taille rejoindra dans quelques semaines la première, ce qui fera du site de Bréhat « la première ferme hydrolienne expérimentale au monde », précise Pierre-Guy Thérond, directeur chez EDF Energies Nouvelles. Ces deux machines pourront produire 1 mégawatt (MW) d’électricité, ce qui correspond à l’approvisionnement en énergie de 1.500 foyers.

Ce projet d’EDF n’a pas été une mince affaire. Démarré en 2008, il a été retardé puisque la barge devant transporter le premier prototype… a perdu sa cargaison en rade de Brest, restée au fond de l’eau pendant de longs mois. 40 millions d’euros auront été investis dans ce projet. EDF a été accompagné par 6,6 millions d’euros d’aides publiques. La ferme sera raccordée au réseau électrique avant l’été grâce à un convertisseur sous-marin créé et installé par General Electric.

La construction des deux hydroliennes revient à DCNS. Il réalise actuellement deux autres machines du même type qui seront installées au Canada, ce pays s’intéressant aussi à cette technologie. Les plans sont ceux de la société irlandaise OpenHydro, dont DCNS est désormais le principal actionnaire. « Nous estimons, indique Christophe Chabert, le directeur en France d’OpenHydro, que nous pourrions fabriquer une cinquantaine d’hydroliennes par an pour la France mais aussi le Chili, le Canada, l’Australie… partout où il y a des courants forts. » Une usine de montage pour DCNS sera construite à Cherbourg, qui va « devenir notre véritable base industrielle en France », continue Christophe Chabert.

Le potentiel d’installations d’éoliennes sur les côtes est de l’ordre de 2.000 MW. DCNS et OpenHydro ne sont pas les seuls à s’intéresser à cette énergie. Engie a été retenu pour le projet du raz Blanchard, en Normandie.

Alimenter Ouessant

Si elle est d’une taille plus modeste, la société quimpéroise Sabella mise aussi sur cette technologie. Elle a créé une première machine qui fonctionne depuis plusieurs mois au large de l’île d’Ouessant, dans la zone à fort courant du Fromveur. Appelée « D10 », elle approvisionne en électricité l’île. « Un projet de ferme pilote est annoncé par les pouvoirs publics sur cette zone. Elle devrait être composée de deux ou trois machines pour assurer 50 % des besoins en électricité de l’île », indique Jean-François Daviau, le président de Sabella. Il utilise un système différent de celui de DCNS et d’OpenHydro. Sa génératrice est axiale quand celle de DCNS et d’OpenHydro est périphérique. Sabella ne se contente pas du marché français et commence à prospecter à l’international. « Un contrat d’exclusivité avec un développeur philippin est en cours de signature. Il est prévu, dans unpremier temps, laconstruction de 5 machines en France puis d’un transfert de technologies. Le contrat de fourniture devrait aboutir dans le courant de l’année », indique encore le dirigeant. Chacune des machines de Sabella, d’une puissance de 1 mégawatt, nécessite aujourd’hui un investissement de 7 millions d’euros. « L’objectif est d’en faire tomber le prix à 4 millions d’euros », poursuit l’entrepreneur.

Pour poursuivre sa R&D, il prépare une levée de fonds de près de 8 millions d’euros, après une première de 4 millions d’euros effectuée en 2014.

Ndlr Sibylline : aucun recensement des espèces préalables et des études d’impact remises par les entreprises elles-mêmes ! Question indépendance, peut mieux faire… Et pendant ce temps, on soupçonne les fermes marines d’être responsables de la mortalité massive des cachalots en mer du Nord. Une chose est sûre, c’est que les fermes marines sont bel et bien destructrices de biodiversité marine… et que l’on va droit dans le mur au nom d’un raisonnement à très court terme.

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