Publié par : Sibylline | janvier 31, 2016

L’énigme du Modern Express, navire parti du Gabon, en détresse dans l’Atlantique nord

En détresse, le Modern Express, un roulier de 164 mètres de long immatriculé à Panama et transportant 3600 tonnes de bois provenance du Gabon © AFP

En détresse, le Modern Express, un roulier de 164 mètres de long immatriculé à Panama et transportant 3600 tonnes de bois provenance du Gabon © AFP

Dimanche 31 Janvier 2016 ( David Makoumba Dissumba). Roulier de 164 mètres de long, le Modern Express, un bateau battant pavillon panaméen, parti d’Owendo, est en dérive depuis le mardi 26 janvier dernier entre les côtes françaises et espagnoles. Des interrogations sur sa cargaison.

Selon des sources concordantes, ce bateau transportait 3600 tonnes de bois de construction et des engins de travaux. Cette cargaison qui aurait brutalement glissé, d’un seul côté du cargo, serait à l’origine de la déstabilisation de son équilibre.

Du fait qu’il est question d’un chargement de bois («débité» selon notre-planete.info, «billots de bois» selon L’Express, «grumes de bois» selon Ouest-France, Le Télégramme et Maritima.info, entre autres) la toile gabonaise s’est enflammée et se demande de quel type de bois il s’agit puisque la précision sur la nature du bois transporté n’est toujours pas établie. On se demande donc s’il ne s’agit pas d’une entourloupette ayant finalement mal tournée. Et l’on rappelle qu’en 2010, à peine à la tête de la magistrature suprême, Ali Bongo Ondimba, avait interdit l’importation du bois en grume. La mesure visait à favoriser l’installation d’une industrie locale du bois et à permettre au Gabon d’exporter des produits transformés et non plus simplement de la matière première. Aucune bille de bois ne devait donc plus quitter le pays s’il n’avait subi au moins une première transformation.

L’incident du Modern Express laisse donc perplexe dans la mesure où les Gabonais attendent de connaître exactement l’identité du bois transporté par ce navire. Une attention très soutenue est donc axée sur ce bateau d’autant plus ces derniers mois, la découverte scandaleuse du trafic d’une essence rare, le Kévizingo, a sonné comme une onde de choc ayant emporté certains hauts fonctionnaires qui, jusqu’alors, répondent encore de leur implication dans ce trafic devant les tribunaux. Or, selon de nombreux médias européens dont France 2, le navire transportait des billes de bois, en témoigne le schéma ci-contre diffusé notamment sur cette chaîne de télévision.

L’hypothèse, émise notamment par France2, de bois en grumes ayant roulé et s’étant entassé d’un seul côté du navire. © France 2 capture d’écran par Gabonreview

L’hypothèse, émise notamment par France2, de bois en grumes ayant roulé et s’étant entassé d’un seul côté du navire. © France 2 capture d’écran par Gabonreview

Si le navire transportait du bois en grume, cela signifierait que la mesure d’interdiction d’exportation de bois gabonais non transformé n’a jamais été respectée par certains ou alors que le pouvoir en est informé et accorde des dérogations ou ferme les yeux devant certains. Car, dans ce bateau qui avait appareillé d’Owendo, le 16 janvier dernier, et devait se rendre au Havre (France) puis à Envers (Belgique), des billes de bois, selon une hypothèse récurrente, auraient roulé et se seraient agglutinées d’un seul côté du navire amenant à un équilibre instable du Modern Express depuis le mardi 26 janvier au large de La Rochelle, en Charente-Maritime (France). Mais, il aurait pu être question  d’une négligence dans l’amarrage du bois embarqué, selon une autre hypothèse.

Suite à un SOS lancé par le capitaine, les 22 marins à bord, tous Philippins, ont pu être évacués dès ce même mardi après-midi par un hélicoptère de sauvetage espagnol alors que le bâtiment se trouvait au large de La Corogne, au nord-ouest de l’Espagne. Le Modern Express réalise régulièrement des allers-retours vers l’Afrique. Il amène généralement des voitures depuis la France, et repart chargé de produits forestiers.

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