Publié par : Sibylline | janvier 25, 2016

L’érosion continue de grignoter les plages de l’Ouest (île de la Réunion)

filaos25 Janvier 2016. Érosion naturelle d’un côté, urbanisation des côtes d’autre part, les plages de l’ouest sont sans cesse grignotées. Ainsi a plage des Brisants, très large et de l’autre celle des Roches Noires sont lentement en train de disparaître…

Lorsque les vagues déferlent, cela génère des courants et créé du transport de sédiments. Un phénomène qui a lieu tout au long de l’année, l’hiver avec la houle australe, la houle cyclonique en été. « En mer ouverte, le littoral est constitué de matériaux provenant des bassins versants qui sont charriés depuis les ravines », explique Eric Chateauminois, chef de projet littoral au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). « Lorsqu’il n’y a pas de cyclones pendant longtemps, les matériaux viennent à manquer sur les plages. Ce sont en effet ces événements pluvieux intenses qui permettent le transport d’une grande partie des matériaux. »

Sur les plages de l’ouest, l’approvisionnement en sable des plages est produit par l’érosion naturelle du récif coralien. Si la santé de ce dernier est mauvaise, la production de sable diminue. Ces récifs sont une des particularités de la Réunion. Les barrières de corail ont une fonction écosystémique de protection du littoral, assure le spécialiste. »D’un côté elles produisent le matériau, de l’autre elles font déferler la houle. Ce qui est sur c’est que le lagon n’a plus aujourd’hui son état de vitalité d’il y a 50 ans. »

Sur les plages de l’ouest, l’érosion gagne du terrain. Le réchauffement climatique ne va pas arranger les choses. Il a plusieurs conséquences : la montée des océans (estimée entre 60cm et 1m à l’horizon 2100) qui va entraîner davantage de vagues qui passeront au-dessus des barrières récifales. « On ne sait pas comment celles-ci vont pouvoir suivre l’élévation du niveau marin, regrette Eric Chateauminois. On pense que ça dépendra de leur état de vitalité. » Le rechauffement des océans et l’augmentation de l’acidité de l’eau pourraient également être un problème pour le corail.

Les constructions sur le sable accélèrent l’érosion

En parallèle de ces phénomènes, le front urbain continue de se rapprocher. « Depuis une cinquantaine d’années, les aménagements colonisent même l’espace de plage, souligne Eric Chateauminois. Le problème, c’est que lorsque l’on met un ouvrage sur un milieu dynamique, on accélère le phénomène d’érosion. » Exemple frappant : l’effondrement en décembre 2012 de l’esplanade construite sur la plage des Roches noires, à Saint-Gilles.

Les ports aussi posent problème. « Ces constructions interrompent le transit des sédiments et cela créé une accumulation de sable d’un côté et un déficit de l’autre », explique le chef de projet. Le port de Saint-Gilles en donne une bonne illustration avec d’un côté, la plage des Brisants, très large et de l’autre celle des Roches Noires qui est en train de disparaitre.

« On a urbanisé sans imaginer quel pourrait en être l’impact réel en terme d’érosion », estime Eric Chateauminois. Aujourd’hui, des communes se penchent sur le problème. C’est notamment le cas de Saint-Paul qui porte des projets destinés à reconquérir la plage des Roches Noires. Les services de l’Etat élaborent actuellement les Plans de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) qui répertorient tous les endroits qui présentent des risques de submersion ou d’érosion. Annexé au plan d’urbanisme, ce document permet d’éviter l’implantation de nouvelles constructions dans les zones les plus exposées. De son côté, la Réserve marine est chargée de veiller à la protection du lagon et à sa bonne santé.

La DEAL et la Région financent actuellement des programmes scientifiques d’observation du littoral avec le BRGM ainsi que l’université de la Réunion comme opérateurs de terrain. D’autres programmes sont en cours de montage pour tenter de mieux comprendre et mesurer les processus et les quantités de matériaux en jeux dans les phénomènes d’érosion du littoral.

Des études qui devront déboucher sur des solutions si l’on veut éviter d’en arriver à la situation de Saint-Pierre où la plage qui se situait entre la Ravine Blanche et la gendarmerie, en face du cimetière, a complètement disparu.

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :