Publié par : Sibylline | janvier 2, 2016

Suivre la migration d’une baleine bleue en vue de protéger l’espèce (Canada)

Un chercheur s'apprête à fixer l'émetteur sur la nageoire dorsale de la baleine bleue.  Photo :  Pêches et Océans Canada

Un chercheur s’apprête à fixer l’émetteur sur la nageoire dorsale de la baleine bleue.  Photo :  Pêches et Océans Canada

2 Janvier 2016 (Guillaume Bouillon, Jean-François Deschênes). Des chercheurs de Pêches et Océans Canada ont réussi l’exploit de suivre la migration d’une baleine bleue durant plusieurs mois. Les données recueillies serviront à l’élaboration du plan de protection de l’espèce en péril.

Ce projet lève le voile sur le parcours de la baleine bleue lorsqu’elle quitte les eaux canadiennes. La baleine en question, qui porte le nom de Symphonie, s’est vue ancrer un émetteur dans la nageoire dorsale. Le cartilage qui la compose est identique à celui des oreilles humaines.

« L’objectif c’était de comprendre où allaient les animaux durant la période d’automne. On a mis des balises sur 23 animaux différents, on a appris beaucoup sur ce qui se passe à l’automne. Symphonie nous en apprend encore plus. »— Véronique Lesage, chercheuse sur les espèces en péril, Pêches et Océans Canada

Symphonie est une baleine bleue connue depuis une trentaine d’années par l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan. L’émetteur a donné des détails uniques de son périple hivernal de six mois. Elle a notamment séjourné le long de la côte américaine. Elle a également passé un bon moment le long d’une chaîne de montagne située dans l’Atlantique, un endroit fréquenté par d’autres espèces et où il y a plus de cinq kilomètres de profondeur d’eau.

Le directeur de la Station de recherche des Îles Mingan, Richard Sears, trouve cette habitude particulièrement intéressante puisque cela indique qu’il y a quelque chose qui intéresse ces animaux dans cette région précise de l’océan, probablement de la nourriture.

Les scientifiques sont bien conscients qu’il ne s’agit que d’un seul échantillon, mais il s’agit d’un bon indice de l’endroit où les recherches pourraient se poursuivre à l’avenir, disent-ils.

La chercheuse de Pêches et Océans Canada Véronique Lesage et ses collègues tentent ainsi de récolter un maximum de données qui serviront à élaborer le plan de protection de cette espèce en péril. La population oscillerait entre 20 et 70 baleines bleues dans le Saint-Laurent.

« Ce que l’on cherche à comprendre aussi, c’est où sont les aires de reproduction, quand tu as une espèce en péril qui semble avoir des difficultés à se reproduire. Identifier déjà les aires où la reproduction s’effectue, c’est un pas en avant parce qu’on peut retourner sur ces aires-là et voir s’il y a des problématiques spécifiques au secteur », conclut Véronique Lesage.

carte-baleine-640

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :