Publié par : Sibylline | décembre 25, 2015

Les industriels exigent le passage de tous les produits de la pêche à la halle (Maroc)

requin-depece25 Décembre 2015. Après une longue bataille entre les industriels du marché de l’huile de foie de requin et les armateurs, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime vient de mettre en place une procédure relative à la traçabilité et à la certification des produits de la pêche maritime. Cette dernière s’appuie sur le contrôle des pêches, exécuté selon le plan et les méthodologies mis en place par le Département de la pêche maritime.

En effet, depuis le 1er juin, les professionnels du secteur sont obligés d’obtenir un document dit ETA (Etat de Traçabilité des Achats), «une excellente initiative imposée par le ministère de tutelle», affirme un industriel exportateur de la pêche. Dorénavant, dans le cadre de l’exercice du contrôle des pêches, toute capture provenant d’une pêche INN ou effectuée en infraction à la règlementation des pêches maritimes, annule systématiquement le processus de certification des captures prévu par cette procédure. Mais qu’en est-il de son application ?

Selon nos sources, les opérateurs du secteur semblent confiants mais restent dubitatifs. En effet, il semblerait que ledit document ne soit obligatoire qu’à Casablanca, tandis que les autres ports travaillent toujours selon l’ancien système sans tenir compte de la nouvelle procédure.

Il est à rappeler que les industriels étaient confrontés à un problème de taille, celui de l’informel. Depuis que l’huile de foie de requin est devenue très prisée, certains armateurs opèrent dans l’illégalité totale. Ces derniers étripent le requin à bord des navires pour ensuite en extraire l’huile qu’ils revendent à bas prix hors circuit, principalement aux grossistes espagnoles, sans passer par les halles et sans aucune traçabilité.

Les industriels ont longtemps crié au scandale et dénoncé cette pratique déloyale qui, selon un exportateur de la pêche, a des répercussions sur la qualité du produit et sur les rentrées en devise pour le Maroc. Si aujourd’hui les choses ont légèrement changé, elles ne se sont pas tout à fait stabilisées.

Les opérateurs dénoncent également l’impossibilité d’accéder à cette traçabilité pour certains produits, en l’occurrence les ailerons de requin et quelques poissons frais.

«La seule solution possible est que tous les produits de la pêche et dérivés comme l’huile de foie de requin, ailerons et autres produits, passent obligatoirement par les carreaux de la halle», nous explique un industriel. Alors que certains cadre du ministère de tutelle saluent cette solution et la trouvent bénéfique pour le secteur, au niveau de la Direction des Industries et de la pêche maritime, le silence fait face aux différentes plaintes.

Les industriels réclament une bourse

Selon un industriel, la situation actuelle n’est pas favorable aux investissements étrangers et marocains.

«Beaucoup d’investisseurs préfèrent attendre que le secteur soit complètement assaini avant d’y investir, ce qui génère des emplois en moins et une compétitivité ralentie par rapport à d’autres pays qui, eux, ont bien su faire fructifier ces produits», explique-t-il.

En effet, les professionnels du secteur exigent une situation légale pour ces produits pour pouvoir exporter en toute transparence. Ils souhaiteraient, cependant, avoir une Bourse qui serait entièrement dédiée aux produits et sous-produits, de la pêche mais également exiger que tous les produits de la pêche passent par la halle. Dans ce sens, un projet d’association est en train de voir le jour, initié par les opérateurs pour faire valoir leurs droits.

Cette huile de foie de requin…      

Méconnue au Maroc il y a quelques années, l’huile de foie de requin est aujourd’hui très convoitée surtout par les armateurs. Très connue de tous ceux qui s’intéressent aux médecines naturelles, elle est riche en alkylglycérols, des lipides qui joueraient un rôle important dans la stimulation du système immunitaire mais aussi comme traitement complémentaire du cancer. Elle contient également de grande quantité de squalane, utilisé dans les compléments alimentaires, et en cosmétique, dans les crèmes hydratantes comme agent pénétrant rapidement la peau. Son prix peut atteindre jusqu’à 15 dollars le kilo. Au Royaume, le marché de l’huile de fois de requin est aujourd’hui estimé à 8 milliards de dirhams, partagés par 6 industriels et une quarantaine d’armateurs, avec une production annuelle dépassant les 900 tonnes.

L’Espagne reste le premier exportateur mondial de ce produit ; elle fournit 25% du marché mondial d’huile de foie de requin, principalement au Japon, premier marché mondial sur le squalane.

Ndlr Sibylline : le squalane végétal, issu du squalène (origine : huile d’olive), est une alternative à la destruction des requins, d’autant que celui-ci est cancérigène. Par conséquent, boycottez tous les produits à base de squalane animal !

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