Publié par : Sibylline | décembre 14, 2015

La taxe tampon, on l’a en travers (France)

La manifestation organisée par le collectif Georgette Sand au Chatelet le 11 novembre contre la taxe tampon. (Sipa)

La manifestation organisée par le collectif Georgette Sand au Chatelet le 11 novembre contre la taxe tampon. (Sipa)

14 Décembre 2015. Vous l’aurez sûrement entendu : « Taxe tampon : la mobilisation féministe a payé ! »… Et la Planète de morfler un peu plus.

Que l’écoulement du flux menstruel soit jugulé par une méthode considérée comme de première nécessité, c’est, somme toute, assez logique. Que les produits qui présentent des risques sanitaires et environnementaux pour y parvenir soient encouragés dans leur utilisation, ça ne l’est plus du tout.

De quoi parle-t’on (source fort bien présentée mais les données se retrouvent ailleurs) ?

– les règles… environ 13 fois par an et 520 fois dans une vie
– une femme jette en moyenne à la poubelle entre 100 et 150kg de serviettes et tampons au cours de sa vie
– l’élimination des produits hygiéniques usagés se fait en les incinérant ou en les déposant dans des décharges, mais aussi par les toilettes et ainsi, beaucoup de tampons se retrouvent… dans les océans (Nous y voilà !).
– une majorité de ces déchets sont non biodégradables et mettent 500 ans environ à disparaitre…

Récolté sur la plage d’Anglet, danse joyeuse de préservatifs usagés et d’applicateurs, entre autres…

 

Tampon, serviette, même combat !

L’industrie multi-milliardaire (ex. : Procter et Gamble, USA : 3 milliards/an de chiffre d’affaire) du tampon et de la serviette se frottent les mains : plus de 100 millions de femmes utilisent leur cocktail chimique 13 fois/an de par le monde. Que contiennent exactement ces produits d’hygiène ? Impossible de le savoir pour cause de secret de fabrication. Cependant, parmi eux, l’on peut citer :

  • Traces de pesticides (production du coton)
  • Neutraliseurs d’odeurs, fragrances chimiques, colorants artificiels, polyester, adhesives, polyethylène (PET), polypropylène, propylène glycol (PEG) intervenant dans certains cancers, infertilités, etc…

Les risques sanitaires ne sont donc pas neutres d’autant que l’organisme est soumis périodiquement à ces matières chimiques dont la diffusion est facilitée par une vascularisation sanguine importante de la paroi vaginale.

Les serviettes : 90 % de leur composition est basée sur les dérivés du pétrole. Ainsi, chaque femme rejetterait l’équivalent de 18 millions de sacs plastiques au cours de sa vie en n’utilisant que des serviettes.

Quant au coût environnemental de la production, les chiffres sont également éloquents et nous n’avons pas abordé l’applicateur de tampon, optionnel, 100 % plastique !

Et donc, l’alternative serait ???

Une mesure incitative : augmenter la taxe sur les tampons et serviettes et annuler celle sur les coupes menstruelles !

La coupe menstruelle ? Mais encore ?

Nous vous parlons de la coupe menstruelle réutilisable et qui existe depuis 1937 (date approximative), dont le brevet a été déposé par l’américaine Leona W. Chalmers (historique, en anglais), moins dangereuse pour la santé et l’environnement. Moon Cup, fabriquée depuis plus de 40 ans, est l’une d’entre elles mais il y en a d’autres.

cup1937

Un si grand âge pour une révolution féminine passée quasiment sous silence. Cela se démocratise mais le chemin est encore long. Tant de tabous et de honte imposés aux femmes grâce à notre héritage judéo-chrétien (merci, messieurs) ! Combien de femmes savent-elles que leur flux ne s’écoule pas en continu ? Combien de femmes savent-elles gérer ce flux sans le subir ? Peu car nous sommes pour la plupart déconnectées de notre corps, façonnées par les croyances sociales. Comme c’est triste ! Sans doute serions-nous connecté(e)s (c’est aussi valable en dehors des menstruations (sinon, il faut consulter) pour les hommes) à notre nature qu’on le serait également à la nature.

Coupe-menstruelle

Non, ce n’est pas un engin de torture (cf. le détail sur Wikipedia). Tous les témoignages d’utilisatrices et de professionnels se trouvent sur les sites adéquats.

Easy Cup : le site français des utilisatrices de coupes menstruelles (lien)

Médicalement (cf. publication en fin d’article), le risque de choc septique (mentionné sur toutes les notices de tampons), est diminué de par l’absence d’un milieu propice au développement bactérien.

L’essayer, c’est l’adopter ! Et vous ferez de substantielles économies…

NB : nous n’avons aucune contre-partie financière à faire la promotion de la coupe menstruelle mais si des fabricants souhaitent nous aider, c’est par ici ;-)

Faire un don

Vous l’aurez noté : la mesure est passée en plein #Cop21cduflan… La réunion des parties (anatomiquement, c’est fort révélateur) s’est donnée 100 ans pour parvenir à son but… Sans doute mieux vaut-il en rire qu’en pleurer. Nos enfants, Eux, auront besoin de mouchoirs…

#taxetampon, #Cop21, #Cop21cduflan, #Cop21thebigfake

***

Référence citée : Tierno PM, Hanna BA. Propensity of Tampons and Barrier Contraceptives to Amplify Staphylococcus aureusToxic Shock Syndrome Toxin-I. Infectious Diseases in Obstetrics and Gynecology. 1994;2(3):140-145. doi:10.1155/S1064744994000542.

Autres sources : Taxe tampon : la mobilisation féministe a payé (source)

Une vie de tee-shirt (pour le coton) : source


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