Publié par : Sibylline | octobre 7, 2015

Shell abandonne ses opérations en Arctique… pour le moment

Manifestation contre les activités de Shell en Arctique à Seattle, dans l'Etat de Washington, le 26 avril 2015. JASON REDMOND / REUTERS

Manifestation contre les activités de Shell en Arctique à Seattle, dans l’Etat de Washington, le 26 avril 2015. JASON REDMOND / REUTERS

7 Octobre 2015. Une bonne nouvelle a illuminé ce début de semaine. Lundi 28 septembre 2015, Shell, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise, a annoncé la cessation de ses activités au large de l’Alaska.

Cette nouvelle intervient alors que le puits « Burger J », foré cet été à une profondeur d’environ 2 070 mètres, prouve bel et bien la présence de gaz et de pétrole mais en quantité insuffisante pour justifier une exploration plus profonde de ce gisement. Ainsi, conformément à la législation américaine, le puits sera scellé et abandonné.

Bien qu’une telle déception soit courante dans le secteur des hydrocarbures, Shell n’envisage pas, pour le moment, d’entreprendre d’autres explorations dans la mer des Tchouktches. Le communiqué de presse du groupe réaffirme néanmoins son intérêt pour cette partie du globe. En effet, malgré sa déception et son échec, Shell continue de croire en un potentiel fort pour la région. Un potentiel énergétique mais aussi géopolitique : la zone a de fortes chances de devenir un point d’importance stratégique pour les Etats-Unis.

Outre des résultats en deçà des espérances, Shell cite d’autres facteurs ayant eu un rôle dans son retrait de la course au Nord. Tout d’abord, les obstacles techniques dus aux conditions météorologiques et à l’éloignement qui rendent tout travail difficile dans cette zone. Le deuxième obstacle est dû aux législations environnementales dont la mer de Tchouktches fait l’objet et aux actions des groupes de défense de l’environnement. Quant au troisième, il est économique. Malgré les pertes que cette décision engendre pour le troisième trimestre de Shell, Denis Cosnard, journaliste au Monde, note que cette décision est en réalité peut-être plus due au bas prix du baril de pétrole. Les risques et la complexité de l’extraction ne seraient ainsi pas rentables compte tenu qu’après avoir cru à une remontée rapide des cours, les professionnels se préparent désormais à une longue période de prix bas.

Cependant si la défection de Shell est une bonne nouvelle, une demi-douzaine de pétroliers ont des vues sur l’Arctique. Aujourd’hui le russe Gazprom est le seul à exploiter le pétrole Arctique, mais l’italien ENI devrait commencer une exploitation dans les semaines à venir. Quant au groupe norvégien Statoil, il y exploite déjà un gisement gazier. De plus, l’Arctique est un réservoir énergétique tellement important (voir l’article Un Futur Noir : Shell autorisé à effectuer des forages dans l’Arctique) que l’on ne peut espérer que les compagnies pétrolières abandonnent leurs projets.

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :