Publié par : Sibylline | août 28, 2015

221 000 tonnes de galets débarquent de Madagascar en barges (île de la Réunion)

travaux-route-du-littoral-andainsVendredi 28 Août 2015. La Réunion se prépare à recevoir 221 000 tonnes de galets en provenance de Tamatave à Madagascar. Les roches, d’environ 5 tonnes chacune, serviront à consolider la digue du chantier de la nouvelle route du littoral avant la saison des pluies. « Ces très gros enrochements ne sont qu’une infime partie de 19 millions de tonnes de roches qui seront nécessaires à la construction de la route » remarque Frédéric Gardes, président de GTOI et mandataire du groupement NRL. Il ajoute que cette livraison venue de la Grande île sera la seule de son genre. « Nous voulons sécuriser la digue, il n’y a pas de raison de faire venir plus d’enrochement » explique le chef d’entreprise également directeur régional de la Colas à qui appartient la carrière d’où seront extraites 221 000 tonnes de galets. Les roches seront livrées en barges à La Réunion.

Plus qu’en tonnes, Frédéric Gardes préfère s’exprimer en m3. Il dit donc attendre la livraison « d’ici la mi-octobre de 100 000 m3 de très gros enrochements », juste avant la saison des pluies. « Mais pour ça il faudrait que la Colas obtienne une autorisation d’exportation du gouvernement, or à ma connaissance cela n’est pas le cas » rigole Joël Mongin, président de Lo-Fer, un syndicat de transporteurs. « Nous avons évidemment toutes les autorisations nécessaires pour cette exportation. La carrière de Tamatave d’où viendront ces grosses roches est déjà dans le groupe Colas et appartient à l’entreprise » précise Frédéric Gardes.

C’est parce qu’il n’y a pas à La Réunion de carrières susceptibles de produire des roches de 3 à 6 tonnes que la décision de les importer de Madagascar a été prise, souligne le chef d’entreprise. « 12 500 tonnes d’andains sont livrés tous les jours sur le chantier, c’est la cadence qu’il faut pour les besoins du chantier » commente Frédéric Gardes. « Tout le monde savait depuis le début qu’on ne trouverait pas suffisamment de gros enrochement et qu’il faudrait en importer » ajoute-t-il.

Le chef d’entreprise se souvient bien sûr que le mercredi 20 mai dernier, Dominique Fournel, 11ème vice-président de la Région, chargé de la NRL, avait exclu toute « importation massive de matériau de Madagascar. » « J’étais à cette conférence de presse »,note le chef d’entreprise. Pour lui, il n’y a pas de contradiction entre cette prise de position et l’arrivée prochaine des 221 000 tonnes de rochers. « Ce volume peut paraître important mais ce n’est pas grand chose comparé aux 19 millions de tonnes de galets dont nous aurons besoin au total. Donc oui, il n’y aura pas d’importation massive et cette livraison de la mi octobre sera la seule. Nous en avions besoin pour sécuriser le chantier », dit-il.

Joël Mongin est d’accord avec lui sur ce point. « Il faut absolument mettre ces gros galets en place, sinon au premier coup de grosses pluies c’est tout le chantier qui risque de foutre le camp à la mer ». C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’était positionné pour importer 250 000 tonnes de roches en provenance de Fort Dauphin à Madagascar. « Mais on n’a pas voulu d’une petite entreprise réunionnaise, on préfère travailler avec une grosse boîte du CAC 40 (principal indice boursier de la place de Paris regroupant les 40 plus grosses entreprises de France – ndlr) » soupire le dirigeant de Lo Fer.  » Le conseil régional (maitre d’œuvre de la NRL – ndlr) n’a rien à voir dans cette décision propre au groupement et, encore une fois, nécessaire pour sécuriser la digue », précise pour sa part Frédéric Gardes.

Les 221 000 tonnes de rochers arriveront à La Réunion sur des barges. Une partie sera livrée en mer à proximité immédiate du chantier « et l’autre partie sera transférée au port de la Pointe des Galets pour être ensuite transporté sur le site et être posé à la grue ou à la pelle », note Frédéric Gardes.

Les transporteurs – a priori hostiles à une importation de galets qui les priverait d’une partie de leurs rotations -, ne s’opposeront à une opération. « Nous avons été associés aux discussions en amont. Nous aurions pu dire « non », mais cela aurait fait perdre du temps à l’entreprise et au final aux contribuables », se veut responsable Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (Fédération nationales des transporteurs routiers) à La Réunion. « Nous allons transporter les roches entre le port et le chantier. Donc nous ne serons pas exclus », termine le transporteur. (Ndlr Sibylline : montant du dessous de table, svp ?)

Autres informations : NRL, la région ne veut pas de galets malgaches (lien)

Plus de 300 médecins s’opposent à la carrière de Bois Blanc (lien)

Ndlr Sibylline : les roches sont issues d’une carrière de Tamatave, berceau de la peste à Madagascar.

La peste noire ne recule pas à Madagascar (lien)

Conclusion : la NRL qui était déjà une aberration financière (pour le contribuable, pas pour les professionnels du BTP ni pour les élus qui se seraient servis au passage (cf. enquête en cours par la brigade financière), une aberration environnementale, devient maintenant également une aberration sanitaire. Quant aux autorisations d’importation…

La peste noire (Yersinia pestis) n’est pas le seul agent pathogène à craindre en provenance de l’île malgache.

Vous pouvez donc d’ores et déjà saisir officiellement l’Agence Régionale de Santé de Saint-Denis dont voici les coordonnées :

Agence de Santé Océan Indien
2 bis, av Georges Brassens – CS 61002
97743 Saint-Denis Cedex 9
Tél : 0262 97 90 00

Courriel : ars-oi-direction-generale@ars.sante.fr

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