Publié par : Sibylline | août 27, 2015

Un futur noir : Shell autorisé à effectuer des forages dans l’Arctique

Photo © Day Donaldson

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26 Août 2015. Lundi 17 août 2015, la compagnie anglo-néerlandaise, Shell, a finalement rempli les conditions pour pouvoir effectuer deux forages dans l’Océan Arctique pour la première fois depuis les deux dernières décennies.

Ceci est le résultat d’une longue aventure commencée en 2009, avec quelque 7 milliards de dollars, après que Georges W. Bush a accepté que Shell ait des concessions dans la Mer des Tchouktches. Les travaux ont été stoppés en 2012 suite à la perte de contrôle d’une plateforme, entraînant l’évacuation de 18 ouvriers et la dégradation d’un brise-glace. Suite à cet épisode, en 2013, le gouvernement d’Obama a retiré son autorisation – une autorisation rendue, sous condition, le 11 mai dernier. Ainsi lundi 17 Août un navire équipé d’un système permettant de fermer le puits en cas de besoin est arrivé sur la zone de forage, levant l’interdiction de creuser dans les couches pétrolifères sous-marines sur l’un des puits.

Cette quête polaire est un enjeu important pour Shell, car il est estimé que cette région abrite 13 % des ressources mondiales de pétrole non découvertes et 30 % de celles de gaz naturel. Cependant c’est un pari risqué pour l’environnement. Cette partie du globe est déjà fortement touchée par le réchauffement climatique – l’Arctique se réchauffe près de deux fois plus vite que le reste du globe – une marée noire serait un désastre. Or pour le ministère de l’Intérieur américain ce risque s’évalue à 75 % en cas d’exploitation pétrolière, le cas échéant les interventions de nettoyage seraient quasiment impossibles de par la difficulté du terrain.

Une telle décision d’Obama contraste avec sa politique gouvernementale et des annonces comme celle du 3 août dernier, où il avait offert de réduire de 32% d’ici 2030 les émissions de Co2 de la production électrique américaine. Cependant, dans une conférence de presse fin mai, le président justifiait son choix : il désir être autonome en matière énergétique. En dépit des dangers du forage dans cette zone, il expliquait qu’une telle solution est la meilleure pour l’Amérique. Avec les normes existantes et l’interdiction de faire fonctionner les deux plateformes en simultanées, il préfère produire du pétrole et du gaz sur le sol américain plutôt que de les importer, notamment en provenance de pays ayant de moins bons standards environnementaux que les États-Unis.

Un dernier mot qui me semble fort important, 4 millions de personnes sont chez elles en Arctique, leurs vies et leurs villes sont déjà menacées par la fonte des glaces, qu’adviendra-t-il de ces populations dans un avenir proche ?

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