Publié par : Sibylline | août 26, 2015

Collisions entre baleines bleues et navires, les recherches au large du Sri Lanka apportent une solution

baleine-bleue_sn63526 Août 2015. Les recherches menées sur les populations de baleines bleues évoluant près de l’un des axes maritimes les plus fréquentés au monde ont porté leurs fruits ; les scientifiques disposent désormais d’une solution simple pour contrecarrer la menace que font peser les collisions avec les navires sur la survie de ces cétacés.

Les innombrables navires traversant l’océan Indien passent en effet près de la côte sud du Sri Lanka, là où vivent également des baleines bleues, le plus grand animal sur Terre, mais aussi une espèce menacée.

Les travaux menés conjointement entre 2014 et 2015 par l’université sri-lankaise de Ruhuna, l’opérateur d’observation des baleines local Raja and the Whales, le Fonds international pour la protection des animaux, la Biosphere Foundation et le Wildlife Trust of India (WTI) se sont axés sur ce problème en étudiant une zone à fort taux de collisions située près de Mirissa.

Un article de recherche reprenant les résultats de cette étude et intitulé « Les schémas de distribution de la baleine bleue et le trafic maritime au sud du Sri Lanka » a récemment été accepté pour publication par le Bureau d’étude régional en sciences marines.

Onze collisions mortelles ont été recensées entre janvier 2010 et avril 2012. Cela étant, le nombre de cétacés tués par des navires est probablement bien plus élevé, les courants marins et le vent pouvant déporter au large les carcasses des baleines pendant certains mois de l’année.

Les données issues de l’étude suggèrent que les risques de collision pourraient être réduits de 95 % si le couloir maritime actuellement emprunté était déplacé à 15 miles nautiques de sa trajectoire actuelle.

Patrick Ramage, Directeur du programme Baleines, commente : « Il n’est pas courant de pouvoir éradiquer si facilement et à moindre coût une menace pesant sur les baleines. La solution est ici particulièrement simple et pourra empêcher que davantage de baleines bleues, une espèce menacée, ne soit tuées lors de collisions. »

« Quelques analyses supplémentaires sont nécessaires avant que le Sri Lanka ne puisse amorcer le processus de déplacement de ce couloir maritime. Nous croyons fermement que cette mesure permettra de réduire de façon drastique le nombre de baleines victimes de collisions. »

La population de baleines bleues vivant dans le nord de l’océan Indien est assez réduite d’après les estimations.

Vivek Menon, Directeur exécutif du WTI, ajoute : « Déplacer le couloir maritime de quelques kilomètres à peine offrirait une solution gagnant-gagnant : les baleines seraient mieux protégées, et le tourisme du pays profiterait de l’essor de l’industrie de l’observation des baleines en conséquence. »

Les études conduites dans la région ont permis de déterminer la densité de la population de baleines vivant près des côtes : c’est bien au niveau du couloir maritime que la concentration de cétacés est la plus importante.

De précédents recherches menées sur les baleines bleues et les remontées d’eau (un phénomène qui ramène les eaux profondes et généralement riches en nutriments à la surface) ont permis de déterminer des schémas constants et prévisibles de distribution des cétacés. Ces informations permettront d’appuyer la mise en oeuvre de mesures efficaces pour que les navires n’aient plus à croiser la route des baleines.

Une zone associant une forte concentration de baleines et l’un des itinéraires maritimes les plus empruntés présente nécessairement un fort risque de collisions.

Les chercheurs ont ainsi estimé que plus de 1 000 interactions entre baleines bleues et navires avaient lieu chaque année. Une interaction se définit comme un incident qui aurait pu aboutir à une collision si la baleine ou le navire n’avait pas changé de trajectoire. Le déplacement du couloir maritime pourrait faire descendre ce chiffre à 50 interactions, soit une diminution de 95 %.

Pour que l’axe maritime en question soit déplacé, le Sri Lanka doit soumettre une proposition auprès de l’Organisation maritime internationale. Des données supplémentaires continuent d’être récoltées et des analyses ultérieures seront menées sous la houlette du comité scientifique de la Commission baleinière internationale.

Des routes maritimes dans d’autres régions du monde ont été déplacées avec succès dans des circonstances semblables. En 2007, un axe maritime situé près du port de Boston, aux États-Unis, a ainsi été déplacé à l’écart de la principale zone de population des cétacés, diminuant le risque de collisions avec les baleines franches vivant dans ces eaux de quelque 58 %.

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :