Publié par : Sibylline | août 20, 2015

C.-B. : le mystère des 30 baleines mortes reste entier (Canada)

Carcasse d'une baleine flottant au large des côtes de l'Alaska.  Photo :  NOAA

Carcasse d’une baleine flottant au large des côtes de l’Alaska.  Photo :  NOAA

Jeudi 20 Août 2015. Plusieurs scientifiques sont inquiets du nombre de baleines mortes trouvées au large des côtes de l’Alaska et du nord de la Colombie-Britannique depuis le mois de mai.

Trente carcasses de cétacés ont été comptabilisées dans le golfe de l’Alaska, soit trois fois plus que la moyenne habituellement recensée par l’Administration nationale américaine des affaires océaniques et atmosphériques (NOAA).

Sur la côte de la Colombie-Britannique, six autres baleines mortes ont été dénombrées, représentant aussi une augmentation par rapport aux chiffres habituels pour la période estivale.

Paul Cottrell, coordonateur spécialiste des mammifères marins du Pacifique pour Pêche et Océan Canada, indique que son équipe collabore désormais étroitement avec leurs homologues américains pour tenter de comprendre la situation. « Nous analysons des échantillons prélevés sur les baleines avec les équipes américaines », précise-t-il.

« Compétition avec les prédateurs »

Jusqu’à présent, l’hypothèse qui semblait la plus plausible pour les scientifiques était celle d’une vaste prolifération d’algues toxiques le long de la côte ouest, mais aucune connexion concrète n’a pu être effectuée à partir des échantillons de baleines mortes analysés.

Il faut dire que la collecte d’échantillons n’est pas simple pour les scientifiques. « L’Alaska a des côtes horriblement difficiles d’accès. La plupart du temps nous ne parvenons pas à accéder aux carcasses », explique la Dre Bree Witteveen, conseillère à la NOAA.

S’ajoute également aux difficultés « la compétition avec les prédateurs locaux », dit-elle en référence aux ours et autres carnassiers qui viennent se nourrir en nombre directement sur la carcasse.

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Le public est appelé à signaler toute carcasse qui serait aperçue, mais il est demandé de ne pas approcher ou toucher l’animal.

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Cette cartographique de l'agence NOAA datée du 14 août 2015 répertorie les carcasses de baleines retrouvées depuis le mois de mai.

Cette cartographique de l’agence NOAA datée du 14 août 2015 répertorie les carcasses de baleines retrouvées depuis le mois de mai.

Ndlr Sibylline : Mystère ? Vraiment ? Avec la marine américaine (et ses alliés) qui a obtenu l’autorisation de « prendre » le plus grand nombre de baleines, dauphins et phoques de son histoire ?

Le terme « prendre » (= niveau d’impact), tel que défini dans la section 3 3 (16 U.S.C. § 1362 (13)) du Marine Mammal Protection Act (Acte de Protection des Mammifères Marins de 1972) signifie « harceler, chasser, capturer ou tuer ou essayer de harceler, chasser, capturer ou tuer un mammifère marin ». « Harceler » a été défini plus précisément dans les amendements de 1994 qui fournit 2 niveaux de « harcèlement » : niveau A (action qui peut blesser ou tuer un mammifère marin ou une population de mammifères marins) et niveau B (actions qui peuvent déranger un mammifère marin ou une population de mammifères marins, à l’origine d’une perturbation de comportements critiques comme la migration, l’émersion (faire surface), les soins aux jeunes, la reproduction, l’alimentation, ou la mise à l’abri, « à un point où de tels modèles comportementaux sont abandonnés ou modifiés significativement « .) (Section 5).

Le jeu de bataille navale a débuté au nord du Golfe d’Alaska, juste au sud de Prince William Sound, et à l’est de la péninsule de Kenai et de l’île Kodiak, au mois d’Avril et durera jusqu’au mois d’Octobre, sur une superficie de 68 mille kilomètres carrés (42,146 miles² exactement). Ces exercices seront renouvelés chaque année sur une période de 5 ans.

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Les « war games » (« jeux de guerre ») comme ils les appellent, incluent les outils de détection dernière génération et notamment des sonars haute et moyenne fréquence dans les exercices de guerre anti sous-marins. Autres opérations prévues : la destruction de deux navires coulés/an (pollution engendrée ?). Les armes utilisées incluraient des missiles anti-aériens (missile destiné à atteindre une cible aérienne en étant tiré depuis le sol), des missiles air-air (missile tiré en vol depuis un aéronef, dans le but de détruire une cible aérienne), des missiles air-sol (missile tiré depuis un aéronef (avion ou hélicoptère) et destiné à détruire une cible au sol tel qu’un bâtiment ou un blindé), des armes à feu de pont anti-aériens, des bombes air-sol, des armes à feu air-sol, des armes à feu sol-sol et des torpilles lourdes (équipant les sous-marins).

La marine américaine a prévu que les exercices généreraient plus de 182 000 impacts (« takes » = « prises », cf. MMPA) sur les animaux marins, au cours des 5 ans d’entraînement, provoquant des conséquences sur leur comportement et des dommages permanents. Le nombre a été revu à la baisse car initialement, l’armée parlait de 425,000 « takes ».

Video-game

La guerre ainsi menée ne viserait-elle pas à servir les lobbies industriels pétroliers car en détruisant toute forme de vie marine, l’armée ouvre la voie à une exploration et une exploitation sans limites des riches sous-sols marins de la région ?

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