Publié par : Sibylline | août 14, 2015

Un « monstre spaghetti volant » filmé : cette espèce peut mesurer jusqu’à 40 m (Angola)

Cette créature surnommée "monstre spaghetti volant" a été observée au large de l'Angola

Cette créature surnommée « monstre spaghetti volant » a été observée au large de l’Angola

14 Août 2015 (Anaïs Chabalier). LE PLUS. Au large de l’Angola, une étrange créature marine a été filmée par une plateforme pétrolière. Surnommée « monstre spaghetti volant » en raison de ses tentacules, cet animal est en réalité une Bathyphysa conifera. Quelles sont ses particularités ? Éclairage de Pierre Gilles, chef du service aquarium au musée océanographique de Monaco.

La créature observée au large des côtes de l’Angola surnommée « monstre spaghetti volant » est fascinante, car elle montre une fois encore que l’océan est un réservoir d’espèces.

Si un tel spécimen est très rarement filmé dans son milieu naturel, il ne s’agit pas là d’une véritable découverte, car l’espèce à laquelle appartient cette créature, la Bathyphysa conifera, a été décrite pour la première fois en 1878.

Nous savons peu de choses sur la Bathyphysa

La Bathyphysa conifera est une espèce de siphonophore. Les siphonophores sont composés d’un ensemble de zooïdes, des individus qui, ensemble, forment une colonie.

Dans les collections du Musée océanographique de Monaco, nous avons une espèce proche, appelée Bathyphysa grimaldi, en référence au Prince Albert Ier, fondateur de l’Institut océanographique. Cinq échantillons de cette espèce avaient été collectés en Atlantique Nord en 1888 à bord de son navire de recherche, l’Hirondelle.

Malgré cela, nous connaissons très peu de choses sur les Bathyphysa, car il y a peu d’images et peu de documentation scientifique à ce sujet.

Il s’agit du plus long animal marin

Cependant, nous savons que les zooïdes qui la composent ont des rôles différenciés. Certains se chargent de la reproduction, d’autres de l’alimentation et d’autres encore, du déplacement.

La Bathyphysa est une espèce carnivore, qui se nourrit de plancton, mais aussi de petits poissons. Elle appartient au groupe des siphonophores dont certaines espèces peuvent atteindre 40 mètres de longueur, ce qui en fait donc les plus longs animaux marins, loin devant les baleines !

Certains siphonophores sont bioluminescents, mais nous ne savons ce qu’il en est pour Bathyphysa conifera. La bioluminescence est une caractéristique du monde des abysses. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette particularité : cela peut servir à reconnaître les autres créatures de son espèce, à attirer les proies ou encore à se défendre.

La Bathyphysa  peut injecter du venin

Comme les coraux et les méduses, de proches parents, la Bathyphysa porte des nématocystes urticants. Il s’agit de cellules situées à la surface des zooïdes, qui contiennent des flèches microscopiques – de petits harpons – capables d’injecter du venin.

Le pourtour de la cellule est garni de cils et quand une proie (ou un prédateur) entre en contact avec un de ces cils, des milliers de petits harpons microscopiques sont immédiatement propulsés et se fichent dans la proie ou l’intrus, qui reçoit alors du venin.

Cette particularité est propre aux cnidaires. Nous avons déjà tous touché une anémone et ressenti une légère brûlure : il s’agit là du même mécanisme.

La vie est partout au fond des océans

À chaque fois, je suis émerveillé par ce genre de spécimen, qui montre que les grands fonds ont encore beaucoup à nous apprendre.

La vie est partout au fond des océans, jusqu’aux fosses les plus profondes. Les campagnes récentes le montrent : quelle que soit la nature des fonds, il n’y existe pas de zone désertique froide et vide.

Cette vidéo de Bathyphysa conifera n’est certainement pas la dernière surprise à laquelle nous aurons droit : si 250.000 espèces marines ont déjà été décrites, certains scientifiques affirment qu’il en reste trois fois plus à découvrir.

Les grands fonds marins échappent encore largement à la perception et à la vigilance humaine.

Inciter à protéger les fonds marins

Pourtant, à la faveur d’une tension croissante à l’échelle mondiale sur l’énergie et les matières premières, les grands fonds sont l’objet de toutes les convoitises, les ressources qu’ils renferment n’ont pas manqué d’attirer l’attention et l’appétit des industriels.

Cinq ans après la catastrophe de Deepwater Horizon, les champs profonds apparaissent plus que jamais comme l’avenir de l’industrie pétrolière.

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