Publié par : Sibylline | juin 2, 2015

Comment les phoques aident à protéger les océans (pôles)

Elephant de mer équipé d’un capteur

Elephant de mer équipé d’un capteur

2 Juin 2015. Inconsciemment ( !!!), de nombreux phoques (Ndlr Sibylline : phocidés serait plus juste, les éléphants de mer étant également inclus dans l’étude) ont aidé les scientifiques à récolter ces dernières années des données sur les coins les plus reculés des océans de la planète, faisant avancer la recherche sur le réchauffement climatique ou les prévisions météorologiques. Le projet a impliqué plus de 1.000 phoques depuis son lancement en 2004. Chaque individu était équipé d’un simple capteur installé sur son front de façon indolore, évidemment sans opération chirurgicale, et qui tombe de lui-même à la mue du mammifère (entre janvier et mars de chaque année). Ainsi les animaux n’ont-ils pas été incommodés très longtemps. L’utilité de ces capteurs avait déjà été testée sur une centaine d’animaux marins, dont des tortues, des baleines ou des requins, avant que les phoques aient été choisis.

Un projet d’envergure

Afin de publier les données collectées jusqu’ici, un portail internet a été ouvert lundi 1er juin 2015 par les scientifiques internationaux à l’origine du projet baptisé « Marine Mammals Exploring the Oceans Pole-to-Pole » (« Les mammifères marins explorent les océans d’un pôle à l’autre »). Ce projet implique un consortium international de onze pays : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Groenland, la Norvège, et le Royaume-Uni. « Les phoques nous fournissent des données sur des endroits sur lesquels nous avions zéro information jusqu’ici. C’est unique« , a déclaré à l’AFP Mike Fedak, responsable du service de recherche sur les animaux marins à l’université de St Andrews, en Ecosse, qui a développé les capteurs. « Les données peuvent être utilisées de multiples manières, comme mesurer les mouvements des glaciers« , a-t-il ajouté.

Les océans sous surveillance

Concrètement, les capteurs utilisés fonctionnent sur batterie. Ils sont prévus pour fonctionner pendant quelques mois et permettent de collecter des données sur la salinité et la température des océans qui sont transmises ensuite aux scientifiques par satellite. D’autres capteurs en cours de développement pourront mesurer le niveau d’oxygène dans l’eau ainsi que sa teneur en chlorophylle, ce qui permettra de déduire les niveaux de dioxyde de carbone et d’étudier le phénomène d’acidification des océans.

Depuis le démarrage du projet, plus de 400.000 profils environnementaux ont été dressés, chacun d’entre eux basé sur la plongée d’un phoque et dont certains peuvent aller jusqu’à 2.100 mètres de profondeur. « Les informations qui nous sont envoyées nous donnent des détails sur l’environnement immédiat du phoque. C’est comme s’ils tweetaient« , a expliqué Lars Boehme, un enseignant à St Andrews, cité dans le communiqué de l’université.

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