Publié par : Sibylline | mai 6, 2015

« C’est de la m… qui coule dans l’océan » (île de la Réunion)

De nombreuses interdictions de baignade depuis le début de la saison balnéaire relancent le doute sur la station de prétraitement de Grand Bois régulièrement montrée du doigt par les associations de riverains (photo Julien Azam).

De nombreuses interdictions de baignade depuis le début de la saison balnéaire relancent le doute sur la station de prétraitement de Grand Bois régulièrement montrée du doigt par les associations de riverains (photo Julien Azam).

6 Mai 2015 (Carine Chamfrault). Dix-huit jours d’interdiction de baignade en six mois pour la plage de Grands-Bois. Les regards se tournent vers la station d’épuration montrée du doigt par les associations de riverains et les habitants.

GRANDS-BOIS – « Lors de la saison balnéaire 2013-2014 les eaux de baignade de tous les sites de baignade en mer recensés à La Réunion ont été qualifiées d’excellente qualité », affiche fièrement un dépliant édité par l’Agence de Santé Océan Indien (ARS). Il en sera peut-être différemment pour la saison prochaine en tout cas concernant la plage de Grands-Bois à Saint-Pierre qui, depuis le mois d’octobre 2014, a enregistré trois non-conformités avec notamment un taux très élevé d’escherichia coli, présent habituellement dans l’intestin des mammifères et d’entérocoques intestinaux, comprenez par là, des matières fécales. Une interdiction de baignade et de pratique des activités nautiques récurrente depuis le début de la saison qui se renouvelle en moyenne tous les trois mois avec au total 18 jours d’interdiction en six mois.

Les regards se tournent immédiatement vers la station de prétraitement de eaux usées (STEP) de Grands-Bois aujourd’hui inadaptée en raison d’une saturation chronique et montrée du doigt notamment par les associations de riverains. « C’est de la m… qui coule directement dans l’océan. Quand il fait chaud, je ne vous parle même pas des odeurs, c’est assez ignoble. Parfois, nous sommes obligés de tout fermer tellement c’est insoutenable. On est oublié ici, personne ne fait rien alors que tout le monde sait que cette station n’est pas aux normes. Dès qu’il pleut, la station déborde et ça coule directement sur la dalle et ensuite dans la mer », s’indigne cet habitant vivant à proximité de la Step.

Pourtant, une étude de vulnérabilité qui étudie les sources potentielles de pollution classe la station en risque moyen. Du côté de la Civis, on se refuse à tout commentaire précisant seulement que des agents enquêtent actuellement pour tenter de déterminer sur le terrain les raisons de la pollution.

« basculer Grand Bois sur Pierrefonds »

Pour Gérôme Baurens, coordonnateur cellule Eaux de Loisirs à l’ARS, la source du problème se situe davantage du côté de la collecte des eaux pluviales. « Les explications sont multiples mais la raison qui semble la plus plausible semble être un problème de collecte des eaux pluviales et des embouchures de ravine. La pluviométrie élevée de ces derniers mois expliquerait ces analyses. Mais, nous travaillons avec la Civis pour identifier plus précisément la source du problème afin que Grands-Bois conserve son classement de qualité excellent ». L’ARS effectue ses prélèvements dans le bassin de Grand Bois situé au niveau de la plage, à l’aval du site de l’ancienne usine sucrière à seulement 1,7 km de l’ émissaire de l’actuelle STEP.

Et si mairie, Civis et ARS s’accordent pour dire que la step n’est « probablement » pas responsable de cette pollution récurrente tous reconnaissent les limites de cet édifice hors d’âge. « Nous ne délivrons plus de permis de construire avec un raccordement de tout à l’égout depuis 2011. Au lieu de reconstruire une step, nous avons décidé de basculer Grand Bois sur Pierrefonds », explique Samuel Dumoutier responsable du service de l’eau et de l’assainissement à la mairie de Saint Pierre.

Une opération de raccordement des effluents de la station de traitement des eaux usées de Grands-Bois sur celle de Pierrefonds. Les travaux à hauteur de 2,5 millions d’euros devraient démarrer en juillet pour s’achever au premier semestre 2016.

Les eaux usées sont rejetées directement en mer. Photo Julien Azam

Les eaux usées sont rejetées directement en mer. Photo Julien Azam

Source

Publicités

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :