Publié par : Sibylline | avril 22, 2015

Des pêcheurs et poissonniers au secours du bar (Bretagne)

Les 3.200 poissonniers indépendants répartis en France hésitent à supprimer le bar de ligne, un produit noble et à forte valeur ajoutée. - Photo Michel Gaillard /Réa

Les 3.200 poissonniers indépendants répartis en France hésitent à supprimer le bar de ligne, un produit noble et à forte valeur ajoutée. – Photo Michel Gaillard /Réa

22 Avril 2015 (Stanislas du Guerny). Quelques commerçants bannissent ce poisson sauvage pendant la période de reproduction. Les ligneurs de la pointe de Bretagne demandent un arrêt complet des captures.

Demain, pourrait-il ne plus y avoir de bars sauvages sur les étals ? « Il y a un réel risque car les stocks sont en forte baisse », indique Laure Lamour de l’association SeaWeb qui se bagarre pour inciter les professionnels des produits de la mer à de bonnes pratiques respectueuses de l’environnement. SeaWeb tente de mobiliser les poissonniers afin qu’ils ne vendent plus de bars pendant la période de reproduction de ce poisson très goûté. Quatre d’entre eux jouent le jeu dont Arnaud Vanhamme, installé dans le 16e arrondissement de Paris. « Je prends un risque et marque le coup pendant un mois mais pas plus car la clientèle réclame ce poisson. » Ce professionnel oriente les consommateurs vers d’autres espèces comme le chinchard ou le mulet. En 2007, 5.200 tonnes de bars sauvages ont été pêchées en France, contre 3.800 tonnes en 2012. D’après les scientifiques de l’Ifremer et de leurs confrères européens, « les stocks en mer du Nord accusent une baisse de 75 % ». La thérapie est connue, « il faut, outre l’arrêt de la pêche pendant la reproduction, continue Laure Lamour, autoriser les captures de poissons seulement de plus de 40 centimètres de long ». Actuellement, ceux à partir de 36 centimètres peuvent être vendus. A cette taille, ils n’ont pas atteint l’âge adulte et ne se sont encore jamais reproduits.

21 chalutiers interdits de pêche

La Commission européenne a commencé à prendre des mesures d’urgence. Les 21 chalutiers pélagiques qui interviennent en Manche, mer du Nord et mer Celtique, au large de la Bretagne, n’ont plus le droit de pêcher depuis fin janvier et ce jusqu’à la fin avril. Pendant la période de fraie, les bars se rassemblent en nombre, leur capture par chaluts est trop abondante. Réunis en association, les ligneurs de la Pointe de Bretagne, qui chassent le bar au ras des cailloux notamment autour d’Ouessant et de l’île de Sein, proposent un arrêt total de la pêche pendant quarante jours en février et mars afin de reconstituer les stocks. Dans un communiqué, ils « lancent un cri d’alarme et réclament un plan ambitieux de protection des frayères et des zones de nourricerie des juvéniles ».

Les 3.200 poissonniers indépendants répartis en France hésitent à s’engager dans la suppression du bar de ligne, un produit noble et à forte valeur ajoutée. « Je le propose à la vente entre 35 et 50 euros le kilo », indique Arnaud Vanhamme. SeaWeb intervient auprès du Centre de formation des apprentis de Rungis pour alerter ces futurs professionnels. La solution passe pour certains étals par les bars d’élevage.

Président de la commission de la Pêche au Parlement européen, Alain Cadec réclame un plan de gestion à long terme qui prenne en compte « toutes les pêches ». 20 à 25 % des captures du bar sont effectuées par la pêche récréative pour laquelle la Commission interdit plus de 3 poissons par jour.

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