Publié par : Sibylline | avril 16, 2015

Fin du dispositif post-attaque : deux requins tigre massacrés sur l’autel de la vengeance (île de la Réunion)

Requin-tigre / Source : Antenne Réunion

Requin-tigre / Source : Antenne Réunion

16 Avril 2015. La procédure post-attaque telle que prévue dans le dispositif réunionnais de gestion du risque requins déclenché par le Préfet de la Réunion le 12 avril 2015, sous la coordination du Comité régional des Pêches maritimes (CRPMEM) a été désactivée au terme des 72 heures d’opérations.

Deux requins tigres ont été capturés, un premier spécimen de 3,20 m le 12 avril à la palangre de fond, un deuxième de 4,20 m le 14 avril sur une smart-drumlime (Ndlr Sibylline : les palangres intelligentes qui avertissent dès qu’un prise a lieu et qui doit, permettre, en théorie, de relâcher les prises accessoires). Ces deux requins sont actuellement en cours d’analyse.

Ndlr Sibylline : nous avons assisté au remue-ménage médiatique, à la mise en scène savamment orchestrée de ceux qui font leur beurre sur le massacre des squales en prenant à partie le public pour crier haut et fort que « ça suffit », « il est temps d’en finir avec ces requins qui tuent nos enfants », etc, etc, etc… Utiliser la douleur d’un père à cette fin est abjecte car si le public entend parfaitement l’horreur de la situation, il sait aussi que ce n’est pas dans l’émotion que l’on règle un problème dont les 10 millions d’euros octroyés par l’Etat et l’Europe sont visiblement inefficaces.

Nous avons aussi entendu le père de la victime indiquer que la disparition de son fils relevait de la « responsabilité morale de l’Etat ». Non, elle résulte de sa responsabilité pénale et ce, à plusieurs égards :

  • la zone incriminée était strictement interdite aux activités nautiques. Quels sont les moyens mis en place pour faire respecter ces interdictions tous le jours bravées alors que les PV brillent par leur absence ? La peur du gendarme est souvent plus efficace que celle du requin, surtout chez des gens passionnés par leur sport. Ah oui, mais on ne veut pas se fâcher avec les usagers de la mer ? C’est tellement mieux d’enterrer des enfants !
  • Les palangres de part et d’autre de la zone de l’accident : comment peut-on prétendre protéger des morsures de squales, entraînant infirmité ou décès, lorsqu’on les appâte à proximité de la côte ? Cela ne s’appellerait-il pas « mise en danger de la vie d’autrui ayant entraîné la mort sans intention de la donner » ?
@Sauvegarde des requins, sous toutes réserves. Le lieu de l'accident se situe plage des Aigrettes, pointe au-dessus de La Saline

@Sauvegarde des requins, sous toutes réserves. Le lieu de l’accident se situe plage des Aigrettes, pointe au-dessus de La Saline

Pour information, la pose des palangres et de l’occupation du domaine maritime en général, nécessite une Autorisation d’Occupation Temporaire, dite AOT. L’an passé, l’association Sibylline a contesté celui du mois de Janvier 2014 (le public a deux mois, une fois sa parution, pour émettre un avis), notamment par rapport à la proximité avec les activités nautiques et l’impact contraire probable à celui escompté (attirer les squales). Elle n’a jamais obtenu de réponse bien que cela soit illégal. La suite, dans ce cas de figure, est de saisir le Tribunal Administratif, ce qui nécessite les services d’un professionnel du droit spécialisé dans ce domaine et qui se fait rémunérer… Evidemment ! On vous laisse deviner la suite… Désormais, c’est encore plus simple, le public n’a plus accès aux AOT…

  • L’utilisation des 10 millions d’euros. Visiblement, ce n’est pas suffisant vu que les zones à risque ne sont pas protégées en permanence. Ah oui, mais la zone était interdite, donc ne nécessitant pas de surveillance vu que personne n’est censé s’y aventurer… Comment est utilisé cet argent ? Aux seules fins de destruction ? Et là aussi, lorsque les victimes collatérales sont des espèces menacées pour certaines d’entre elles, cela relève du code pénal…

Enfin, toujours dans les aberrations notées, les requins bouledogue, responsables de l’accident, « pulluleraient », mais on massacre deux requins tigre… De plus, pour « réguler » une population, comme on l’a entendu, il faut en connaître l’importance (nombre), ce qui n’est actuellement pas le cas. Au lieu de cela, on tue des requins sans savoir s’ils sont marqués ou non, quitte à anéantir les études en cours…

Et pour finir, un vieil article qui refait surface… mais il y en a beaucoup d’autres consacrés au sujet « requin » x « île de la Réunion » sur le blog.

Selon une note interne de la mairie de St-Paul, H. Bello et l’Etat auraient volontairement minimisé le risque requin dès 2008 (île de la Réunion)

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