Publié par : Sibylline | avril 4, 2015

Avec ses oursins, un Charentais-maritime au secours des océans

La bouche des oursins possède cinq dents puissantes, qui leur permettent d'avoir une alimentation variée.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

La bouche des oursins possède cinq dents puissantes, qui leur permettent d’avoir une alimentation variée.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

4 Avril 2015. Un cultivateur de l’île de Ré est aujourd’hui le seul capable de maîtriser toute la chaîne de production d’oursins, une espèce menacée par la pollution et la surpêche.

lors que partout dans le monde, les oursins sont victimes de la pollution des eaux et de la surpêche, la solution de repeuplement pourrait venir d’Yvan Le Gall, un Charentais maritime qui est à ce jour le seul à savoir maîtriser la reproduction des oursins, depuis l’écloserie jusqu’à l’animal adulte.

Grâce à son écloserie, basée à La Flotte-en-Ré, Yvan le Gall produit six tonnes d’oursins par an. Actuellement, pour chaque nouvelle génération, l’éleveur parvient à faire naître 60 millions de larves à partir de seulement quatre femelles.

« Mais j’en jette l’écrasante majorité pour conserver environ 100.000 oeufs, car je suis limité par la taille de mes infrastructures. » 

Faire revivre les oursins blancs

Cette limite matérielle ne devrait pas durer. L’éleveur est en train de réaménager en écloserie un blockhaus situé derrière son exploitation. Cela devrait lui permettre de multiplier par vingt le nombre de larves. Pas pour augmenter le nombre de terrines de corail qu’il vend à des particuliers mais bien pour assurer la production de naissains.

« J’ai déjà fourni 10.000 juvéniles pour repeupler le Golfe du Morbihan en 2011. Je suis également en pourparlers pour une réintroduction en Corse et peut-être aux Antilles, où les oursins blancs ont quasiment disparu. »

Algues et température bien dosées

La recette de ce succès, Yvan Le Gall la garde bien pour lui. C’est son père, professeur de biologie marine, qui a mis au point la technique dans les années 1980. Aujourd’hui, si le fils fait volontiers visiter son installation, il refuse de livrer sa technique industrielle.

Tout juste révèle-t-il que tout repose sur un délicat équilibre entre la température de l’eau et les algues qui servent à nourrir les oursins. L’éleveur a quand même mis son savoir-faire au service des chercheurs de Bretagne et de La Rochelle.

Yvan Le Gall s’occupe aussi d’un autre projet, encore en gestation. « Une demande de naissains en très grand volume m’est parvenue d’Espagne », premier pays consommateur d’oursins au monde, révèle-t-il. Il va donc lui falloir préparer la commande le plus tôt possible. Sa nouvelle écloserie devrait commencer à tourner à plein régime dès cet été.

Yvan Le Gall vend actuellement un sixième de sa production pour le repeuplement. Le reste est transformée en terrines de corail, vendues aux restaurants, aux épiceries du coin et aux particuliers.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

Yvan Le Gall vend actuellement un sixième de sa production pour le repeuplement. Le reste est transformée en terrines de corail, vendues aux restaurants, aux épiceries du coin et aux particuliers.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

Chacune des femelles utilisées par l'éleveur peut pondre 15 millions d'oeufs d'oursins par génération.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

Chacune des femelles utilisées par l’éleveur peut pondre 15 millions d’oeufs d’oursins par génération.© PHOTO AFP XAVIER LEOTY

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