Publié par : Sibylline | avril 2, 2015

Pas de terminal à Cacouna, mais d’autres options sont à l’étude (Québec, Canada)

La compagnie TransCanada confirme qu’elle ne construira pas de terminal maritime ou de réservoirs connexes à Cacouna, au Québec. Photo : Lawrence Côté-Collins

La compagnie TransCanada confirme qu’elle ne construira pas de terminal maritime ou de réservoirs connexes à Cacouna, au Québec. Photo : Lawrence Côté-Collins

2 Avril 2015 (Martin Ouellet, Julie Arsenault). TransCanada a finalement confirmé jeudi qu’elle ne construirait pas de terminal maritime à Cacouna pour son projet d’oléoduc Énergie Est, ajoutant que d’autres endroits seraient évalués au Québec.

L’annonce a été accueillie avec circonspection par le gouvernement Couillard, qui reste ouvert à une nouvelle proposition de l’entreprise sous réserve d’emplois et de retombées économiques et fiscales.

La décision de la société pétrolière aura des conséquences sur l’échéancier de projet. Initialement prévue pour la fin de 2018, la mise en service de l’oléoduc est, pour le moment, repoussée à 2020.

TransCanada, qui redéfinira le tracé de son projet, déposera de nouveaux documents à l’Office national de l’énergie (ONÉ), ce qui devrait retarder le début des audiences de l’organisme fédéral qui devaient s’amorcer à l’automne.

«C’est un délai d’environ un an à cause de la décision ainsi que du temps qu’il faudra pour examiner un autre site éventuel pour un port maritime au Québec», a affirmé un porte-parole de la société, Tim Duboyce.

En entrevue téléphonique, il a défendu l’approche de la compagnie – qui s’était donné jusqu’au 31 mars pour rendre sa décision concernant Cacouna – affirmant qu’elle n’avait pas à trancher plus tôt malgré les nombreuses rumeurs.

Autre site

«Nous estimons que quatre mois pour prendre une décision de cette importance n’est pas si long que ça, a dit M. Duboyce. Quand vous regardez les discussions qui ont eu lieu […] nous estimons avoir fait les choses correctement.»

Après avoir suspendu ses travaux à Cacouna en décembre dernier en raison de la présence de bélugas, TransCanada aurait envisagé les sites de Bécancour, Lévis ainsi que Baie-des-Sables pour son port maritime, ce qu’a refusé de confirmer son porte-parole.

En dépit de la controverse ayant entouré les travaux effectués à Cacouna, M. Duboyce estime que l’image de l’entreprise n’a pas été entachée, ajoutant qu’elle devrait être en mesure de trouver un autre site pour construire son port pétrolier.

«Il y a beaucoup de gens qui prétendent être contre le projet mais en réalité ils sont contre le pétrole, a-t-il dit. Ils pensent que de freiner l’oléoduc va aider à freiner le besoin du pétrole dans notre société, ce qui n’est pas vrai.»

Le projet Énergie Est vise à acheminer quotidiennement environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Selon l’entreprise, le Québec pourrait toucher des recettes fiscales de plus de 2 milliards $ en combinant la phase de conception et de construction ainsi que celle d’exploitation.

Ce montant pourrait toutefois être appelé à changer, a reconnu M. Duboyce, qui n’a pas voulu dire si les retombées seraient moindres.

«C’est un changement important qui a été annoncé, s’est-il limité à dire. C’est sûr que les chiffres devront être retravaillés, comme c’est le cas avec n’importe quel changement dans un projet d’une telle envergure.»

Réactions

À l’Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a souligné que la décision de la pétrolière était prévisible, compte tenu du danger que représentait le projet de Cacouna pour la survie des cétacés.

«Le béluga, qui est mentionné dans la décision, est en voie d’extinction. Ce n’est pas anodin, et cette décision, je crois, était attendue», a-t-il dit.

Le gouvernement gardera l’oreille ouverte pour une nouvelle proposition, mais tout projet devra répondre aux conditions préalables édictées par le ministère de l’Environnement, a prévenu M. Couillard.

«On va insister, ça figure dans les sept éléments qu’on a publiés pour qu’il y ait des retombées économiques pour le Québec, soit directes, soit fiscales, mais s’il y a un projet qui passe par le Québec, il y aura des retombées fiscales puis des emplois pour les Québécois», a-t-il dit.

Les conditions posées par le Québec comprennent l’acceptabilité sociale du projet ; une évaluation du BAPE sur la portion québécoise du pipeline, y compris sur les émissions de gaz à effet de serre; la mise en place de mesures d’urgence par TransCanada ; la consultation des autochtones et la garantie de retombées économiques et fiscales pour tout le Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s’est insurgé contre l’attentisme apparent du chef du gouvernement libéral dans ce dossier.

En Chambre, il a interpellé le premier ministre pour qu’il fasse preuve d' »ambition » et ne laisse pas filer le terminal pétrolier hors Québec.

«C’est sa responsabilité de s’assurer que ce terminal-là se construise au Québec. On parle de plusieurs centaines de millions de dollars, des centaines d’emplois pendant la construction, a lancé le leader caquiste. Est-ce qu’il peut nous dire quelles démarches il a faites pour que le terminal soit construit ici, au Québec, avec des emplois ici au Québec ?»

Le gouvernement tiendra compte des enjeux liés au transport du pétrole, a répliqué le premier ministre, tout en précisant qu’il ne partageait pas l’enthousiasme de l’opposition pour la filière des hydrocarbures.

«On ne croit pas que l’avenir du Québec, à long terme, c’est dans les hydrocarbures, on croit que c’est dans l’eau, c’est dans l’hydroélectricité, c’est dans les énergies renouvelables, a dit M. Couillard. Maintenant, je voudrais rappeler à la compagnie, à l’entrepreneur, qu’il doit déposer un projet s’il veut que son projet soit étudié.»

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