Publié par : Sibylline | mars 9, 2015

Consultation publique sur la chasse à la baleine grise (depuis n’importe où dans le monde)

baleine-grise-decoupeeLundi 9 Mars 2015. L’agence fédérale américaine National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) appelle le public à donner son avis sur la chasse de plusieurs baleines grises. La bande locale Makah demande à pouvoir prélever cinq cétacés par an « à des fins cérémoniales et de subsistance. »

La NOAA vient de publier une première ébauche d’un rapport sur l’impact environnemental si la chasse venait à être autorisée pour les Makah. La zone concernée se situe à la pointe de la péninsule Olympic, à l’extérieur du détroit Juan de Fuca.

« Il s’agit de la toute première étape d’une procédure que nous voulons publique et qui qui pourrait aboutir à un permis de chasse pour la bande Makah », précise Donna Darm, gérante-adjointe de la région côte ouest de la NOAA.

Le rapport de 1 200 pages expose différents scénarios possibles allant de 0 à 24 baleines prélevées sur les six prochaines années. Le public est invité à commenter le sujet pendant 90 jours.

Pas de chasse depuis plus de 15 ans

La chasse à la baleine grise est une tradition ancestrale chez les Makah qui affirment que le Traité de Neah Bay datant de 1855 protège cette coutume. Le dernier cétacé à avoir été officiellement chassé par cette bande remonte à 1999, mais les Makah n’ont eu de cesse de réclamer depuis de nouveaux permis de chasse. En 2007, cinq de leurs membres ont chassé sans autorisation officielle ni approbation des Makah eux-mêmes. Une baleine grise avait été tuée et les cinq hommes traduits en justice.

Les Makah possèdent des pratiques culturelles proches – y compris la pêche à la baleine grise – de celles des Nuuchalnulth qui vivent sur la côte ouest de l’île de Vancouver.

***

Agir : vu qu’il s’agit d’une consultation publique, votre avis doit être envoyé à cette adresse courriel Makah2015DEIS.wcr@noaa.gov, avant le 11 Juin 2015. Vous pouvez argumenter par rapport à la cruauté de la chasse (cf. supra et notamment l’agonie qui peut durer toute une nuit après le harpon tiré dans la tête de la baleine) sur des animaux au système neurosensoriel complexe, sur la pollution liée à Fukushima et qui a désormais atteint les côtes Ouest des Etats-Unis, etc…

La pratique de la chasse chez les Makahs (extrait de leur site) :

Lorsque la baleine est à hauteur des pagayeurs, ils maintiennent leur embarcation à sa gauche et adaptent leur vitesse à celle de l’animal. Alors que le dos s’arqueboute à la surface, le harponneur tire et le reste de l’équipage fait instantanément marche-arrière, le plus vite et le plus loin possible pour éviter les coups de caudale. Un coup de harpon asséné dans l’épaule assure de ralentir l’animal qui ne peut plus se servir de sa nageoire pectorale. Des flotteurs en peau de phoque attachés au harpon ralentissent également l’animal (Ndlr Sibylline : qui ne peut plus sonder et s’épuise). Les harpons n’ont pas vocation à tuer la baleine mais à assurer que les flotteurs en peau de phoque maintiennent le cétacé en surface et l’épuisent jusqu’au coup final, souvent après une nuit de lutte, asséné avec une lance dédiée.

Ce qui se cache derrière cette demande d’autorisation :

Les mieux placés pour parler de cette chasse sont les Makah eux-mêmes. C’est la raison pour laquelle il est intéressant d’écouter Alberta Nora Thompson, aujourd’hui décédée mais éminente représentante de sa tribu et qui prenait fait et cause pour la défense des animaux.

« Oui, ma tribu a autrefois tué des baleines et oui, la baleine est importante pour nous » a-t-elle un jour déclaré à P. Watson. « Mais il est temps maintenant de leur rendre ce qu’elles nous ont données par le passé, il est temps maintenant de les protéger et non plus de les tuer. Les baleines ont autrefois sauvé les Makahs. Nous devons maintenant faire de même pour elles ».

Ainsi, la « tradition » ne serait qu’un prétexte initié en 1995, cachant un objectif mercantile avec des débouchés sur les marchés japonais. Si cette idée de départ s’est vite retrouvée toquée, le Conseil tribual makah n’a pas abandonné celle de tuer des baleines, aidé par l’argent du gouvernement fédéral. En 1997, des Anciens de la tribu allèrent défendre la cause des baleines à Monaco, à la réunion de la CBI.

Le rapport de la NOAA (en anglais)

Toute l’information sur la consultation publique (en anglais) : Information on Makah Tribal Whale Hunt (lien)

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