Publié par : Sibylline | février 18, 2015

Smurfit Kappa à Biganos (33) : « Le pollueur est le payeur »

L’évacuation de l’usine, après l’accident.© PHOTO ARCHIVES FRANCK PERROGON

L’évacuation de l’usine, après l’accident.© PHOTO ARCHIVES FRANCK PERROGON

18 Février 2015. Les parties civiles réagissent à la condamnation de l’usine Smurfit, ce 17 février, par la cour d’appel de Bordeaux.

Olivier Laban, le président des ostréiculteurs, était présent, le 17 février après-midi, à la lecture de l’arrêt de la cour d’appel de Bordeaux qui a reconnu l’usine papetière Smurfit Kappa de Biganos, coupable de l’accident industriel du 5 juillet 2012 et responsable de la pollution qui s’en est suivie dans la Leyre, où des milliers de poissons étaient morts.

Ndlr Sibylline : pour rappel des événements

Pollution à la soude en zone Natura 2000 et dans le prochain parc marin (Bassin d’Arcachon)

« Cette condamnation est le meilleur moyen de toucher du doigt la responsabilité de l’industrie dans son obligation d’entretien de ses équipements. Il était invraisemblable qu’il ne soit pas responsable d’un tel accident. Je suis content d’avoir été au bout et fait appel », réagit Olivier Laban.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux avait, en effet, relaxé Smurfit Kappa, en septembre dernier au motif que la pollution relevait d’un « accident exceptionnel ». « On était sorti malheureux du tribunal », se souvient Jacques Storelli, président de l’ADPPM (association de défense et de promotion de Pyla-sur-Mer) et co-président de la Ceba, qui regroupe 29 associations de défense de l’environnement, également parties civiles.

Commission de suivi

« Le tribunal s’était enfermé dans la stratégie de Smurfit qui consistait à dire que si la cause de l’accident était inconnue, l’usine ne pouvait pas être condamnée. Or, la cour d’appel considère que l’industriel ne pouvait pas ignorer le peu d’entretien, le peu d’attention porté à ses installations ». Les parties civiles, présentes à la commission de suivi mise en place par le préfet après l’accident industriel, en veulent pour preuve « les millions investis pour la réparation et l’entretien des équipements ».

« La relaxe nous était apparue, au bas mot, scandaleuse », ajoute Françoise Branger, co-présidente de la Ceba et présidente de Bassin d’Arcachon Écologie, autre partie civile. « La vétusté des installations a été reconnue. C’était d’autant plus intolérable que le site est extrêmement sensible dans un environnement lui aussi particulièrement sensible, sans compter la mise en danger des employés ».

« Travailler ensemble »

« Le pollueur est le payeur », résume le président départemental des pêcheurs, Jean-Michel Labrousse, « les pêcheurs sont contents, même si on n’est jamais satisfait d’une telle situation, mais cela prouve aussi qu’on ne se laissera pas faire ».

« C’est un coup de sifflet vis-à-vis d’un industriel qui a été obligé de verrouiller ses procédures et d’investir. Il fallait arrêter d’exploiter cet équipement sans y mettre l’entretien, la vigilance et la surveillance nécessaire », insiste Jacques Storelli. Olivier Laban veut maintenant penser à l’avenir :

« On va se remettre à travailler ensemble avec l’industriel qui rejette 50 % des effluents du Bassin, chaque jour dans l’océan. J’ai confiance, c’est une équipe de jeunes dirigeants qui a hérité d’un passé assez lourd, avec de vieilles habitudes.

C’est presque un mal pour un bien. L’accident a ouvert les yeux de tout le monde, cet équipement mérite toute l’attention et la plus grande vigilance ».

Cette décision de justice intervient quelques jours avant l’installation du Parc naturel marin, lundi prochain, nouvelle vigie du bassin d’Arcachon.

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