Publié par : Sibylline | janvier 8, 2015

Le génome des baleines détient-il la clé de notre longévité ?

La baleine boréale est le mammifère à la plus longue espérance de vie. ©FLIP NICKLIN / MINDEN PICTURES / BIOSPHOTO / AFP

La baleine boréale est le mammifère à la plus longue espérance de vie. ©FLIP NICKLIN / MINDEN PICTURES / BIOSPHOTO / AFP

Mercredi 7 Janvier 2015 (Alain Tranet). Comment certaines baleines boréales peuvent-elles vivre jusqu’à 200 ans, sans jamais être atteintes de maladies graves ? Pour le savoir, le séquençage complet du génome de la baleine boréale vient d’être réalisé. Lequel révèle le rôle-clé joué par deux gènes…

On le sait, certaines baleines comme les baleines boréales sont capables d’atteindre les 200 ans (Ndlr Sibylline : 300 ans et peut-être davantage. Cet âge estimé l’a été par la datation au carbone 14 d’un harpon ancien, retrouvé dans le lard d’une baleine du Groenland dans les années 1990). Et cela sans jamais développer de pathologies graves comme le cancer, ni même sans présenter de signes particuliers de vieillissement.

Comment expliquer cette extraordinaire longévité ? Pour y parvenir, des généticiens américains ont réalisé le premier séquençage complet du génome de la baleine boréale. Un travail publié dans l’édition de janvier 2015 de la revue Cell Press, sous le titre « Insights into the Evolution of Longevity from the Bowhead Whale Genome« .

Or, ce séquençage révèle une surprenante information : en comparant le génome de la baleine boréale nouvellement séquencé aux génomes de vaches, de rats et d’humains, les généticiens américains ont fait une surprenante découverte : ils se sont aperçus que dans le génome de la baleine boréale, deux gènes, connus pour être impliqués pour l’un dans la résistance au cancer, et pour l’autre dans le mécanisme de réparation de l’ADN lequel joue un rôle crucial dans le phénomène du vieillissement, se caractérisaient par des mutations spécifiques, absentes chez le rat, la vache et l’homme…

Ces mutations affectant ces deux gènes permettraient-elles aux baleines boréales d’être naturellement protégées du vieillissement et du cancer ? C’est en tout cas l’hypothèse des auteurs de ces travaux. Et pour la tester, ils ont maintenant le projet d’implémenter ces gènes dans le génome de souris, afin de voir s’ils ont bel et bien un effet sur la longévité et la santé de ces dernières…

Réf. : Keane M, Semeiks J, Webb AE, Li YI, Quesada V, Craig T, Madsen LB, Brawand D, Marques PI, Michalak P, Kang L, Bhak J, Yim HS, Grishin N, Nielsen NH, Heide-Jorgensen MP, Oziolor EM, Matson CW, Church G, Stuart G, Patton J, George C, Suydam R, Larsen K, Lopez-Otin C, O’Connell MJ, Bickham J, Thomsen B, de Magalhaes JP (2014) Insights into the evolution of longevity from the bowhead whale genome. Cell Reports in press.

Plus d’infosLe travail, conduit dans le Centre de Recherche Génomique de Liverpool, a été mené en collaboration avec des scientifiques d’Alaska, du Danemark, d’Irlande, d’Espagne et de Corée du Sud. Les gènes de la baleine du Groenland ont été comparés avec ceux de la baleine de Minke, espèce estimée vivre 30 à 50 ans. En utilisant cette méthode, les chercheurs ont constaté que la baleine du Groenland présentait des mutations uniques sur deux gènes liés à l’espérance de la vie des animaux : le gêne ERCC1, supposé réparer l’ADN, augmenter la résistance au cancer et ralentir le vieillissement et le gène PCNA, également lié à la réparation d’ADN.

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