Publié par : Sibylline | décembre 11, 2014

Marée noire. Il y a 15 ans, le pétrolier Erika provoquait la catastrophe (Bretagne)

Le naufrage le 12 décembre 1999 de l'Erika avait souillé 400 kilomètres de côtes de la pointe du Finistère à la Charente-Maritime, et mazouté quelque 150.000 oiseaux. (Archives MaxPPP)

Le naufrage le 12 décembre 1999 de l’Erika avait souillé 400 kilomètres de côtes de la pointe du Finistère à la Charente-Maritime, et mazouté quelque 150.000 oiseaux. (Archives MaxPPP)

11 Décembre 2014 (Michel Oriot). Le 11 décembre 1999, des fuites apparaissaient sur l’Erika, vieux pétrolier chargé de 31 000 tonnes de fioul.

Dans la tempête, le navire se détériorait pendant toute la nuit, coulant à l’aube du 12 décembre, son fioul souillant les côtes quelques jours plus tard.

L’histoire

14 h 30, ce 11 décembre 1999, en Atlantique, à 300 km de Brest et 400 km de Saint-Nazaire, à bord de l’Erika. Le second capitaine informe son commandant qu’il vient de découvrir trois fissures dans le bordé de pont…

Le vieux pétrolier a quitté Dunkerque voici quelques jours avec 31 000 t de fioul lourd destinées à l’Italie. Ce bateau n’a plus la capacité d’assurer sans danger ces transports, révélera le procès qui a suivi la marée noire et qui a lourdement condamné Total. Le commandant du navire en perdition cache jusqu’au soir la gravité de la situation, pourtant préoccupante dans cette mer déchaînée avec des creux de 6 m et des vents de 40 à 45 noeuds…

Les fissures s’étendent : le soir, le navire veut s’abriter à Donges. Mais la capitainerie de Saint-Nazaire refuse, car le bateau perd son fioul : avec le courant sur la Loire, il n’est pas possible de dresser un barrage flottant. L’Erika finit par se disloquer le lendemain, à 8 h. Les 26 membres d’équipage sont hélitreuillés, tandis que le pétrolier se coupe par le milieu…

Quelque 20 000 t de fioul restent piégées dans les citernes et seront pompées, mais les 10 000 autres voguent en nappes gluantes, atteignant les côtes dès le 23 décembre. C’est à partir du jour de Noël et les suivants, à la faveur de la tempête, que les nappes noires souillent 100 des 135 km du littoral, avec une terrible intensité sur la presqu’île guérandaise. Plusieurs milliers de volontaires viennent spontanément ramasser les tonnes d’hydrocarbures, sans oublier le travail de longue haleine des professionnels, militaires, pompiers, personnels communaux.

Au total, 400 km de côtes polluées, 200 000 oiseaux disparus, 250 000 t de déchets. Le naufrage de l’Erika puis celui du Prestige ont amené la France à renforcer sa sécurité maritime et la lutte contre la pollution maritime.

Ndlr Sibylline : l’Erika aura sonné le glas de l’eider à duvet (Somateria mollissima), déjà fort mal en point avant la marée noire.

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