Publié par : Sibylline | décembre 4, 2014

Abyssea : des essais sous la mer porteurs d’emplois mais qui inquiètent (mer Méditerranée)

« L'implantation de ce projet dans le périmètre du parc national de Port-Cros est inconcevable » , dénonce Gil Bernardi, le maire du Lavandou. Patrice Lapoirie

« L’implantation de ce projet dans le périmètre du parc national de Port-Cros est inconcevable » , dénonce Gil Bernardi, le maire du Lavandou. Patrice Lapoirie

4 Décembre 2014. Unique au monde, le futur centre d’expertise et d’essai en mer profonde, dédié à l’industrie pétrolière et minière au large de l’île du Levant, soulève autant d’espoirs que d’inquiétudes.

L’île du Levant promue demain premier bassin mondial d’essais des techniques sous marine de l’exploitation des hydrocarbures par très grands fonds ? L’enquête publique sur le Centre d’expertises et d’essais en mer profonde porté par la SAS Abyssea, se termine vendredi à Hyères et à Sainte-Maxime.

Un dossier sous-marin explosif qui suscite une levée de boucliers des élus du littoral et des écologistes. Et qui embarrasse en première ligne le Parc national marin de Port-Cros, au moment ou la charte engageant les communes périphériques passe elle aussi à l’enquête publique.

Essais en zone protégée

Ce projet que personne ou presque n’a vu venir, est en effet implanté dans le canyon de Stoechades, en partie en site Natura 2000 «Rade d’Hyères», dans le sanctuaire international de protection des cétacés Pelagos, et dans l’aire maritime adjacente du parc national.

La société Abyssea, basée à La Seyne-sur-Mer et présidée par Yves Chardard, ancien ingénieur de la Comex, a été sélectionnée en 2010 dans le cadre d’un appel à projets du Fonds Unique Interministériel (FUI). La convention d’utilisation porte sur trente ans.

Ce centre d’expérimentation serait composé de deux plateformes immergées à 1 300 et 2 400 mètres, reliées à l’île du Levant par un câble électro-optique de plusieurs kilomètres.

Elles serviraient à des essais et des tests de matériels offshore et permettraient de valider équipements et procédures d’exploration et d’exploitation à de grandes profondeurs. Ce qui pourrait ouvrir d’importantes perspectives aux industries pétrolières et minières.

La première plateforme se situerait au droit de l’île du Levant, dans les eaux territoriales, sur le Domaine public maritime. La seconde, plus au large, dans la Zone économique exclusive (ZEE).

Un poste de contrôle serait implanté sur le site militaire du Centre d’essai et de lancement des missiles de la DGA. Le porteur de projet a mandaté le bureau d’études Créocéan pour établir les données nécessaires aux procédures administratives.

Première plateforme en 2016

Si ce projet divise au sein du parc national – le personnel y est majoritairement opposé et les positions divergent au sein du conseil d’administration – son directeur, Guillaume Sellier, par ailleurs administrateur des Affaires maritimes, a donné un avis favorable.

« Les éléments fournis et la notice du professeur Olivier Adam (Ndlr Sibylline : les éléments portés à la connaissance du public seraient fort intéressants à consulter) permettent de considérer que le projet n’aura pas d’impact notable sur les mammifères marins, ce qui constitue notre principale préoccupation », note-t-il.

Le porteur de projet qui s’est engagé au travers d’une charte, à n’effectuer aucune opération pouvant nuire à l’environnement, devra toutefois « produire annuellement la liste des matériels utilisés avec leurs caractéristiques acoustiques, afin de s’assurer que l’absence d’impact sur le milieu soit réellement vérifiée ».

Le parc national demande également la possibilité d’installer sur les plateformes des systèmes d’écoute passive pour l’étude de la faune sous-marine.

L’installation de la première plateforme est prévue au printemps 2016, la seconde serait installée en automne 2018.

carte-ile-du-levant

Une motion contre le projet Abyssea au Levant à Hyères (27/11/2014)

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