Publié par : Sibylline | octobre 30, 2014

Thon tropical : la Sapmer tangue et se réorganise (île de la Réunion)

les promesses en matière de nouvelle valorisation du thon tropical ne sont pas tenues à ce jour. (Photo le marin)

Les promesses en matière de nouvelle valorisation du thon tropical ne sont pas tenues à ce jour. (Photo le marin)

30 Octobre 2014. La compagnie réunionnaise Sapmer, l’un des premiers armements à la pêche en France, doit faire face à une baisse importante de son chiffre d’affaires depuis quelques mois. Une situation tout à fait nouvelle qui l’oblige à prendre des mesures.

Son développement récent et impressionnant s’est fait dans le thon tropical.

Jusqu’en 2012, la société, détenue majoritairement par Jacques de Chateauvieux via Jaccar, voit son chiffre d’affaires exploser à 93,1 millions d’euros. En investissant dans des thoniers senneurs surgélateurs (-40 °C) de nouvelle génération et des usines à Maurice, elle a le vent en poupe et développe un métier nouveau pour elle, diversifiant son activité très ancienne de pêche à la légine et à la langouste dans les eaux des terres australes et antarctiques françaises.

Ce déploiement, financé par son entrée en bourse en 2009 et surtout par l’emprunt, coûte plus de 200 millions.

Mais, dès 2013, malgré l’arrivée de nouveaux senneurs, les résultats reculent (91,6 millions d’euros de chiffre d’affaires). Et, alors que la Sapmer continue d’investir, les choses ne s’améliorent pas.
Les six premiers mois de 2014 sont catastrophiques. Le chiffre d’affaires de l’activité pêcherie tombe à 33,7 millions d’euros contre près de 50 millions d’euros en 2013. La valorisation double (de 6,3 millions d’euros à 12,8 millions d’euros) mais ne compense pas. Le groupe accuse une perte de 3,75 millions d’euros…

« Coût d’exploitation trop conséquent »

Les causes de la dégringolade sont multiples et d’abord d’ordre conjoncturel. La forte baisse du prix du thon, une parité eurodollar défavorable ainsi que des marées qui ne sont pas à la hauteur des espérances (6 000 tonnes par an et par thonier) sont avancées.

Yannick Lauri, directeur général, parle de « moments difficiles ». Et surtout d’un « coût d’exploitation, ramené à la tonne de thon, trop conséquent ». Ce qui n’est pas le cas « des senneurs espagnols qui utilisent abondamment les DCP ». On touche là aussi à des difficultés structurelles.

La Sapmer a d’importants frais de route entre les zones de pêche, notamment seychelloises (60 % des captures), et sa base logistique à Maurice. Depuis plusieurs mois, Jaccar travaille sur l’implantation d’un quai de débarquement aux Seychelles permettant de réduire la consommation de carburant.
La valorisation du thon, surgelé à -40 °C à sec, et non en saumure, pour en faire des longes transformées, et non de la conserve comme le reste de la flotte française, ne tient pas ses promesses.

Le modèle, que la Sapmer envisage de calquer dans le Pacifique, montre ici ses limites. En interne, l’équipe est mise à mal. La direction financière a été reprise par le gendre de Jacques de Chateauvieux, Arthur de Chenereau. Le directeur général adjoint opérations, François Leray, a également quitté le navire.

Une remise à plat est à l’ordre du jour. Parmi les voies de salut, la vente de deux senneurs très récents, le Bélouve et le Dolomieu, est envisagée, selon plusieurs sources.

Ndlr Sibylline : ne s’agirait-il pas de la fameuse SAPMER dont nous parlent les surfeurs life-styleurs, la dénonçant comme fort préjudiciable à l’environnement, davantage que les « prélèvements » de requins ? Que font ces Protecteurs des océans pour limiter son impact ? Nous attendons toujours les documents inhérents aux activités de cette société car sans preuve, point d’action possible…

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