Publié par : Sibylline | octobre 15, 2014

L’océan n’est pas une poubelle, Mimizan-plage !!! (Landes)

Deversoir-vu-du-ciel15 Octobre 2014. La Communauté de communes de Mimizan met à disposition du public un registre, situé en mairie de Mimizan, afin de recueillir ses observations concernant le projet de l’amélioration de sa station d’épuration (STEP).

La communication médiatique sur l’existence de cette enquête publique, pourtant fondamentale, tant d’un point de vue financier que sanitaire et environnemental, est malheureusement faible.

Nous ne saurions que vivement vous enjoindre de vous rendre en mairie afin d’y faire figurer vos observations. Cette enquête publique se clôturant dans deux jours, soit le 17/10, voici quelques éléments qui pourront vous aider à comprendre les enjeux :

La future STEP prendra à sa charge le traitement des effluents industriels de Gascogne Sack. Malheureusement, dans tous les documents portés à l’attention du public, aucune information concernant la nature et le traitement de ces rejets n’est mentionnée.

De plus, dans son Document de référence 2013, paru en 2014 (p 8), le groupe Gascogne indiquait :

Risques liés à l’utilisation de l’eau et aux rejets d’effluents

« Nécessité d’investissement dans une station biologique destinée à traiter les rejets de déchets organiques dans l’océan.

Le Groupe est dans l’attente de la publication du nouveau BREF (Best References) papetier, prévu mi-2014, définissant les règles relatives aux quantités et natures des effluents à retraiter pour lancer cet investissement, qui représentera plusieurs millions d’euros. Le délai de mise en conformité par rapport à la publication du BREF sera de l’ordre de 4 ans, soit 2018. »

Or l’ARS indique, dans son avis du 23 mars 2014 :

« D’autre part, les rejets de l’industrie Gascogne Sack, jusqu’ici rejetés en mer, seront traités par la STEP à brève échéance. »

Cela signifie-t-il que le contribuable devra s’acquitter des obligations d’une entreprise privée ?

Selon l’étude d’impact Hydratec portée à la connaissance du public, « le sens d’écoulement de la nappe superficielle présente une orientation SSE-NNO donc un sens d’écoulement depuis les bassins d’infiltration vers le Courant de Mimizan. Il n’y a donc pas d’incidences directes sur le littoral landais et les zones de baignade associées »

Les eaux du Courant sont vives, soumises à l’action des marées, ce qui signifie que deux fois par jour, une partie des rejets illicites industriels et de la STEP seront déversés dans l’océan.

Les conclusions de l’étude d’impact sont donc inexactes.

Par ailleurs, le Courant abrite un pré salé, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique de type I, soit, par définition, un espace d’un grand intérêt fonctionnel pour le fonctionnement écologique local. Ses eaux ont récemment été intégrées en Zone Natura 2000.

Il abrite également des espèces rares recensées par l’association Sibylline et répertoriées sur le site Faune Aquitaine. Il est déjà soumis à une forte pression anthropique en dépit de la loi littorale et de la prescription d’un PPRL.

Une étude d’impact sur la biodiversité, à court, moyen et long terme (bioaccumulation incluse) est indispensable.

Avis de l’hydrogéologue Janvier 2014, Paragraphe 3.2

« Les entreprises GASCOGNE PAPER et GASCOGNE SACK disposent de leurs propres installations de traitement des eaux usées. Elles rejettent toutes deux leurs effluents traités en mer via un émissaire partagé. »

Le document de référence de Gascogne et le site de l’IREP indiquent le contraire. Il s’agit de rejets directs (par opposition aux rejets indirects qui passent par une station d’épuration). La TOTALITE des produits dangereux n’est pas traitée et seul 1/3 des produits non dangereux l’est (source IREP).

« A noter que l’effluent traité de GASCOGNE SACK ne présente pas une qualité suffisante pour maintenir son rejet en mer. Son raccordement au réseau collectif de traitement de la Communauté des communes de Mimizan est donc envisagé à court terme. »

Par conséquent, la nature et l’efficacité du traitement de Gascogne doivent être portées à la connaissance de l’hydrogéologue :

« Au regard des éléments détaillés dans ce rapport, je donne un avis favorable à l’augmentation de la capacité d’infiltration des bassins actuels et la création du nouveau site d’infiltration, sous réserves :

Que la nature et les charges des effluents à traiter soient conformes aux estimations (…) »

En cette absence, la Communauté de communes de Mimizan ne peut donc se prévaloir de l’avis de l’hydrogéologue.

Les micropolluants ne seront analysés (mais non traités) que 4 fois par an alors que les métaux lourds rejetés par Gascogne directement dans l’océan ont lieu TOUS les jours (source IREP). Les métaux lourds, les pesticides, etc… sont (neuro)toxiques et dangereux pour la santé.

Rejets-papeterie-Mimizan

La STEP doit mesurer et traiter tous les micropolluants, y compris les résidus médicamenteux, eu égard au projet de maison médicale.

Enfin, la cerise sur le gâteau se situe en P46/107, dans Dossier d’autorisation au titre de la Loi sur l’Eau  :

« Poste de secours/émissaire en mer

Un ouvrage équipé d’une vanne murale, permet le by-pass des massifs d’infiltration via un émissaire en mer »

Aucune information n’est donnée sur ce que l’on entend par « secours ». Rien ne sera mesurable une fois dans l’océan.

L’océan n’est pas une poubelle !

En rouge, les documents mis à votre disposition, en bleu, ce que vous pouvez noter sur le registre, le reste du texte correspondant à l’argumentaire. Et vous êtes libres d’y ajouter vos propres observations, nous sommes en démocratie 😉

A vous de jouer !

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