Publié par : Sibylline | septembre 29, 2014

Des stocks de pétrole des marées noires sont toujours présents en Bretagne

Pollution du Marais maritime de Trébeurden

Pollution du Marais maritime de Trébeurden

Lundi 29 Septembre 2014. Enfouis, mais parfois oubliés à quelques centimètres de la surface seulement : les sites de stockages du pétrole des marées noires sont nombreux en Bretagne, le long de la côte. Torrey Canyon, Amoco Cadiz, mais aussi le Tanio et l’Olympic Bravery ont laissé des traces dont la mémoire s’efface peu à peu.

Que sont devenus les déchets des différentes marées noires en Bretagne ? L’Amoco Cadizle Torrey Canion, mais aussi le Tanio et l’Olympic Bravery n’ont pas laissé des souvenirs que dans l’esprit des habitants, mais aussi dans le sol.

On ne le sait pas forcément, parce que le temps commence à faire son oeuvre, mais certains sites du littoral, (155 sites selon une étude des scientifiques du BRGM**), ont toujours des quantités plus ou moins grandes de pétrole ou de mazout enfouies. Des stocks que l’on retrouve parfois à quelques centimètres de la surface, ou enfouis définitivement, comme sur le site du Spernot, à Brest.

Le porte-parole de l’association Robin des Bois, Jacky Bonnemain, alerte sur les dangers de ces stocks quand ils sont juste au-dessus des plages et du trait de côte. « Il faut être particulièrement attentif quand il y a convergence entre les marées à fort coefficient et les tempêtes, pour éviter les risques de suintements. »

Selon l’adjointe au maire de Trébeurden, Odile Guérin : « Quand on creuse à cet endroit, on trouve des traces de pétrole, bien sûr. Et quand nous avons fait des sondages, ça sentait exactement comme lors des marées noires. le pétrole n’a pas bougé, n’a pas changé.« 

Dans les Côtes d’Armor, département sans doute le plus concerné, l’attitude des élus n’est pas forcément la même d’une commune à l’autre. Si les stocks de pétrole ne sont pas dangereux aujourd’hui, certains sont pour les laisser à leur place. Gilbert Le Dauphin, adjoint à l’urbanisme à Trégastel : « Aujourd’hui, on a fait des pelouses, des jardins, un stade de foot, on ne voit plus aucune trace de la marée noire.« 

D’autres aimeraient intervenir pour les déblayer une bonne fois pour toutes. Pas impossible : il faut savoir par exemple qu’à l’époque le mazout, mélangé à de la chaux, a servi comme remblai en Bretagne pour finir le passage en deux fois deux voies entre Rennes et Brest.

A la mairie de Trébeurden, Odile Guérin confirme que les fosses temporaires ont aussi été remblayées : « Là, il y a à peu près 90 cm au-dessus du niveau initial du marais. 30 cm de pétrole, à peu près, et environ 50 cm de remblai. La mémoire de ce site-là va s’effacer avec le temps, évidemment. »

Pour la marée noire de l’Erika, le traitement du pétrole a été différent. Une partie du pétrole a été retraité dans l’usine de Donges, près de Saint-Nazaire. Il ne reste plus de ce pétrole sur les côtes bretonnes aujourd’hui. Quant au Prestige, échoué près des côtes espagnoles, là les quantités sont arrivées progressivemebnt sur les côtes françaises, et, pour la plupart, traitées en flux tendu à région bordelaise.

** : BRGM, Bureau de Recherches Géologiques et Minières. Les spécialistes de ces questions ont réalisé un inventaire précis de ces endroits. Un rapport toujours en phase de « relecture » au ministère de l’Écologie.

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