Publié par : Sibylline | septembre 26, 2014

Les Etats-Unis créent la plus grande réserve marine au monde

Les fonds marins près d'Hawai, dans l'océan Pacifique. | AFP/James Watt

Les fonds marins près d’Hawai, dans l’océan Pacifique. | AFP/James Watt

Vendredi 26 Septembre 2014 (Audrey Garric). C’est un territoire immense, qui représente deux fois la superficie du Texas. Jeudi 25 septembre, les Etats-Unis ont créé la plus grande réserve marine au monde, qui s’étend sur près de 1,3 million de kilomètres carrés dans l’océan Pacifique.

Cette décision du président Barack Obama doit agrandir une aire marine déjà existante, le Pacific Remote Islands Marine National Monument, créée en 2009 par le président George Bush. A partir de 2015, la zone protégée, qui regroupe sept îles et atolls coralliens situés entre les îles Marshall, Kiribati et Hawaï, verra sa superficie multipliée par six.

PÊCHE COMMERCIALE ET EXPLOITATION MINIÈRE INTERDITES

Les Etats-Unis y interdiront la pêche commerciale et toute activité d’extraction de ressources, comme l’exploitation minière en eaux profondes. Seules la pêche traditionnelle et récréative et les activités nautiques seront autorisées, soit un niveau de protection très élevé – la catégorie II sur l’échelle des aires protégées de l’Union internationale de conservation de la nature.

« Etendre ce sanctuaire protégera davantage les récifs coralliens, les monts sous-marins et les écosystèmes marins uniques de cette partie du monde, qui est également l’une des régions les plus vulnérables face au changement climatique et à l’acidification des océans »explique la Maison Blanche dans un communiqué.

Cette réserve abrite en effet de nombreuses espèces endémiques et uniques, telles que des coraux, baleines, tortues de mer, thons, raies manta, requins et des millions d’oiseaux marins. Mais le réchauffement de la planète entraîne une augmentation de la température des océans qui affecte ces espèces marines et récifs coralliens tandis que la hausse de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) émis dans l’atmosphère accroît l’acidification de l’eau, ce qui altère également les écosystèmes marins.

« C’est une étape importante pour la protection des océans aux Etats-Unis », se réjouit Jean-Paul Michel, directeur du Global Ocean Legacy France, le programme de l’ONG Pew chargé des aires marines. Cette décision de Barack Obama permet en effet de doubler les territoires océaniques américains hautement protégés, qui passent de 6 % à 15 %.

ZONE FRAGMENTÉE

Toutefois, la réserve reste moins ambitieuse qu’elle aurait pu l’être. Tout d’abord, parce qu’à l’origine Barack Obama avait annoncé la création d’un sanctuaire de 2 millions de km2. Le président américain a fini par reculer et diminuer la superficie de la réserve sous la pression des flottes thonières basées à Hawaï.

Ensuite, parce que la zone protégée n’est pas d’un seul tenant mais fragmentée en cinq parties. « Or plus les réserves marines sont grandes, plus elles sont protégées car il est plus dissuasif d’y rentrer pour les contrebandiers. Les écosystèmes ont par ailleurs davantage les moyens de se régénérer », explique Jean-Paul Michel. De ce point de vue, la réserve marine des îles Chagos, créée en 2010 par la Grande-Bretagne dans l’océan Indien, reste le sanctuaire marin contigu le plus grand du monde avec 640 000 km2. Vient ensuite le Parc national marin de la mer de Corail, établi par l’Australie en 2012, qui s’étend sur 990 000 km2 mais dont seule la moitié (500 000 km2) est hautement protégée – le reste du territoire étant ouvert à la pêche commerciale et à l’exploitation minière. 

En avril, la France a, elle aussi, créé un parc naturel marin de 1,3 million de km2, également dans la mer de Corail. Mais seule une petite partie de ce territoire, qui reste à définir, sera strictement protégée. Les autres zones resteront ouvertes à la pêche commerciale et à l’exploitation des hydrocarbures.

Au total, seulement 3 % des eaux sont protégées à l’échelle mondiale, contre un objectif de 10 % pris par la Convention sur la diversité biologique signée à Nagoya en 2010 et réitéré à Ajaccio en 2013. Or quelque 40 % des océans du globe sont « durablement touchés » par les activités humaines, en particulier la surpêche, la pollution et l’acidification des océans.

Limites actuelles du Pacific Remote Islands Marine National Monument (cercles gris à l'intérieur de la limite bleue). | NOAA

Limites actuelles du Pacific Remote Islands Marine National Monument (cercles gris à l’intérieur de la limite bleue). | NOAA

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