Publié par : Sibylline | septembre 11, 2014

CO2 et acidification des océans à des sommets

bulletin-omm-201411 Septembre 2014. Le 9 septembre 2014 l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié son bulletin annuel sur les concentrations de gaz à effet de serre (GES), avec, pour la première fois cette année une nouvelle section consacrée à l’acidification des océans.

Si l’annonce d’une nouvelle hausse et donc d’un nouveau record des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) n’est pas une surprise, le niveau de cette hausse est particulièrement important. Avec une concentration de 396 ppm en moyenne mondiale pour 2013, c’est une augmentation de 2,9 ppm par rapport à 2012, soit la plus importante depuis 1984. Selon le rapport de l’OMM, la contribution du CO2 au forçage radiatif (2) a été de 80 % depuis 1990.

Concernant le méthane (CH4), les concentrations ont atteint un nouveau sommet avec 1 824 ppb (3) soit une augmentation de 6 ppb par rapport à 2012. Pour le protoxyde d’azote (N2O), la valeur de la concentration atmosphérique pour 2013 est de 325,9 ppb, soit une hausse de 0,8 ppb. Pour mémoire, à l’époque préindustrielle (1750), les valeurs de ces trois GES étaient de 278 ppm pour le CO2, 722 ppb pour le CH4 et 270 ppb pour le N2O.

 Au niveau des mers et des océans, il est admis qu’ils absorbent un quart des émissions de CO2 d’origine humaine. Lorsque leCO2 se dissout dans les eaux marines, cela entraîne, entre autres, une diminution des ions carbonates nécessaires à la fabrication des squelettes et des coquilles des organismes marins. De plus, cela induit une corrosion du calcaire, et donc des coquilles de certains organismes. Ainsi, c’est tout l’équilibre marin qui peut à terme être modifié. Selon certaines études, l’absorption du CO2 par les mers et les océans est actuellement 100 fois plus rapide que l’évolution naturelle. Et, selon l’OMM, le rythme d’acidification des océans est actuellement sans précédent depuis au moins 300 millions d’années.

S’exprimant sur ce sujet, le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud a déclaré, lors de la présentation du bulletin : « Si l’on estime que le réchauffement planétaire n’est pas une raison suffisante de réduire les émissions de CO2, il devrait en être autrement pour l’acidification des océans, dont les effets se font déjà sentir et ne feront que se renforcer dans les décennies à venir. »

 1 -ppm : initiales de « partie par million » soit le nombre de molécules de gaz à effet de serre pour un million de molécules d’air.

2- Le forçage radiatif correspond globalement à la différence entre le rayonnement solaire qui pénètre dans l’atmosphère et celui qui en sort.

3 – ppb : initiales de « partie par billion » soit le nombre de molécules de gaz à effet de serre pour un milliard de molécules d’air.

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