Publié par : Sibylline | août 21, 2014

Pêche : l’inquiétante chute des stocks de poissons en Europe

la quantité de ­poissons pêchés sur le Vieux Continent a été divisée par deux en trente ans. Du fait de la surpêche et de certains facteurs environnementaux, la ressource peine à se régénérer. Fredrik Naumann/PANOS-REA

la quantité de ­poissons pêchés sur le Vieux Continent a été divisée par deux en trente ans. Du fait de la surpêche et de certains facteurs environnementaux, la ressource peine à se régénérer. Fredrik Naumann/PANOS-REA

21 Août 2014 (Joël Cossardeaux). La quantité de ­poissons pêchés sur le Vieux Continent a été divisée par deux en trente ans. Du fait de la surpêche et de certains facteurs environnementaux, la ressource peine à se régénérer.

L’Union européenne a beau durcir les quotas de pêche lancés à la fin des années 1990, rien n’y fait ou presque : le niveau des stocks de poissons, à plusieurs heureuses exceptions près, ne remonte pas. «Les résultats espérés ne sont pas au rendez-vous», indique Didier Gascuel, directeur du pôle halieutique d’Agrocampus Ouest et coauteur d’une toute récente étude sur l’évolution de la ressource dans les mers d’Europe (hors Méditerranée), publiée dans la revue scientifique «Fish and Fisheries».

La morue de mer du Nord et de la mer Celtique, la sole du golfe de Gascogne et de la Manche Est, pour ne citer que les espèces qui intéressent le plus la France, sont toujours au plus bas. «Sur les 124 stocks soumis à quota, 49 sont toujours en diminution, autant sont à niveau constant et seulement 29 augmentent», détaille Didier Gascuel. La plie de la mer du Nord et le merlu, dont les biomasses ont triplé depuis dix ans, comptent parmi ces espèces rescapées de la surexploitation des mers d’Europe, laquelle a fait sentir ses premiers effets dès les années 1950.

Depuis, les pêcheurs ont fait amende honorable en réduisant fortement leur prélèvement. «Au cours des douze dernières années, la pression de pêche a été divisée par deux», rappelle l’étude. La quantité de poissons capturés équivaut aujourd’hui aux niveaux des années 1950. La tendance n’est sûrement pas à la hausse. Les experts scientifiques mandatés par l’UE préconisent pour le prochain Conseil des ministres européens de la Pêche, prévu fin novembre-début décembre, de diminuer en 2015 de 6,5 % les quotas de pêche par rapport à leurs recommandations de 2014.

Les effets du réchauffement climatique

Les dégâts causés par la surpêche ont été tels que les espèces risquent encore longtemps d’en payer les conséquences. «La restauration de la productivité des écosystèmes marins sera longue et complexe», juge l’étude. La raison ? « Le potentiel de reproduction naturel des stocks a été endommagé. Le recrutement a été divisé par deux en vingt ans », explique le directeur du pôle halieutique.

Un autre facteur « très inquiétant » joue, selon lui, sur l’évolution des stocks : les habitats côtiers, comme les zones de vasières, diminuent ou se dégradent. Or ces lieux sont essentiels dans le cycle de vie des espèces. S’y ajoute enfin le réchauffement climatique. Ce phénomène a un effet sur la qualité et la quantité du plancton qui constitue la base alimentaire des larves de poissons.

«Il faut s’intéresser sérieusement à ces impacts autres que la pêche, laquelle a fait beaucoup d’efforts et doit les poursuivre», estime Didier Gascuel. La France n’est pas le meilleur élève, mais elle s’applique. Elle n’a dépassé cette année ses quotas que de quelques dizaines de tonnes. Le développement d’aires marines protégées pour revenir à un bon état écologique des milieux marins est une autre réponse. Encore insuffisamment apportée par les Etats au goût des experts.

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