Publié par : Sibylline | août 20, 2014

L’Europe abaisse les quotas de pêche pour 2014

Sète est le premier grand port français de pêche en Méditerranée. | JULIEN GOLDSTEIN

Sète est le premier grand port français de pêche en Méditerranée. | JULIEN GOLDSTEIN

20 Août 2014 (Tosca Ballerini). Engagée à mener la bataille contre la surpêche, la Commission européenne vient d’annoncer des quotas 2014 à la baisse pour 45 espèces de poissons de l’Atlantique, de la mer du Nord et de la mer Baltique. Ces restrictions concernent dix Etats membres – Belgique, Danemark, Grèce, Espagne, France, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Royaume-Uni – qui ont déclaré avoir dépassé leurs quotas en 2013.

Même si les efforts déployés depuis 2009 grâce à l’instauration d’un nouveau règlement européen ont permis de diminuer en 2013 le nombre d’infractions de 22% par rapport à 2012, la surpêche reste importante. L’année dernière, de nombreuses espèces ont été prélevées entre 1,2 et 2,6 fois plus que la quantité autorisée.

LES RAIES EN DANGER

« Les Etats n’arrivent pas à contrôler les quantités de poissons pêchés »,dénonce Javier Lopez, biologiste marin au sein de l’ONG Oceana. Les dépassements sont particulièrement graves pour certains stocks d’aiglefin, considérés comme « épuisés » par le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), une organisation scientifique indépendante, sans oublier les raies dont certaines espèces sont classifiées en « danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La situation n’est pas plus rose pour le sébaste atlantique, un poisson d’eau profonde dont la biomasse totale reste inconnue. L’année dernière la France en a pris dans ses filets 80 % de plus que les chiffres préconisés par les scientifiques.

LA MÉDITERRANÉE SUREXPLOITÉE 

Un rapport de la Commission européenne rendu public en juin montre que la situation est plus grave en Méditerranée que dans l’Atlantique : « Au moins 96 % des stocks de poissons benthiques et au moins 71 % de stocks de poissons pélagiques comme la sardine et l’anchois y sont surexploités », constataient les auteurs.

« Les pays de la Méditerranée, comme l’Italie et la Grèce, ont toujours refusé de se soumettre à des plans de gestion durable de la ressource avec des limites de capture, explique Javier Lopez. Mais au lieu de contrôler les captures, on se contente de contrôler les nombres des bateaux, le nombre des jours de pêche et l’effort de pêche, voir la puissance du moteur du bateau… »

Les choses pourraient évoluer favorablement. Lors de la dernière réunion de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, en mai 2014, un accord a été signé entre les Etats riverains. Il prévoit l’adoption dans les prochaines années d’un plan de gestion avec des quotas de captures pour chaque espèce. Reste à savoir s’il sera respecté.

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